XVII - Après Outreau et les lycée d’Ile-de-France :
Pour un pouvoir judiciaire citoyen



















XIX - Immigration, co-développement, Afrique :
Rompre avec l’inadmissible

 


























 


























 

























SECURITE PUBLIQUE :
NON A L’ETAT POLICIER

 
 

L’ insécurité sociale crée l’insécurité des biens et des personnes. C’est d’abord contre elle, à la source, qu’il faut lutter, en créant de l’emploi qualifi é et des solidarités à tous les niveaux. C’est ce qui sous-tend l’ensemble de mon projet.

Cependant, l’insécurité publique affectant d’abord les plus pauvres et les plus démunis, la combattre sans concessions dans ses manifestations immédiates fait également partie d’une politique sociale cohérente. Il faut donc agir à la fois dans un souci de prévention, de répression et de réinsertion. Ces trois volets forment un tout cohérent.

1) Création d’un ministère de la Sécurité intérieure pour assurer une coordination et une rationalisation de la répartition des effectifs sur le territoire. L’idéal est d’unir la police, la gendarmerie et éventuellement les douanes sous un commandement unique. Et répartir ces forces selon la réalité constatée des forces criminogènes.

Ce nouveau ministère serait étroitement associé à un autre ministère nouveau à la Ville, au Logement et à l’Aménagement du territoire. Il y aurait ainsi une politique globale de « création de sécurité ».

2) Dans les quartiers sensibles devraient être organisées, dans cette approche, des unités de police urbaine, disposant de tous les moyens d’intervention permettant d’anticiper et de dissuader  : sécurité publique, renseignement, investigation judiciaire, brigade des mineurs.

3) Les acteurs de la vie sociale, connaissant le terrain, doivent opérer en réseau pour prévenir. Une police de proximité rétablie, les éducateurs, les magistrats, les enseignants des quartiers et les parents d’élèves devront constituer un réseau de veille auprès du maire, en vue d’interventions sociales, d’actions de réinsertion et pour assurer l’ordre public.

L’on pourrait ainsi repérer plus rapidement les cas de familles ou de jeunes délinquants qui sèment la terreur, afin de mieux en protéger la population.

Cette approche est à l’opposé de celle voulue par Nicolas Sarkozy, qui entend faire des maires non les acteurs de la prévention et de la réinsertion, mais des délateurs pouvant obtenir et transmettre les renseignements en principe confi dentiels dont les éducateurs et les assistantes sociales ont la charge. A juste titre, les maires refusent cette attribution qui ne relève pas de leur mission et risque de leur faire perdre la confiance de leurs administrés, en tant que « médiateurs » et animateurs. La « présentation immédiate » de mineurs de 16 à 18 ans récidivistes devant les juges, comme pour les adultes, est à la fois irréalisable et dangereuse.

Mon sentiment est qu’il ne faut plus toucher à l’ordonnance de 1945, qui a été revue et corrigée à plusieurs reprises, en fonction de considérations d’opportunité et sans résultats probants.

4) Les établissements scolaires doivent être mieux surveillés et la police doit y intervenir en cas d’agressions graves. Il faut enseigner de nouveau la morale civique (cf. L’éducation, nouvelle frontière…) et les règles d’un vouloir vivre en commun. Bref, l’école doit vivre avec la loi et réapprendre le respect de la loi, respect des élèves et des parents pour les enseignants, et des enseignants pour leurs élèves, dans la « République scolaire » que je préconise.

5) Il faut mieux équiper les forces de l’ordre, qui ont besoin de meilleures voitures au moins aussi rapides que celles des délinquants, de meilleures armes, de meilleurs moyens de communication (les policiers doivent souvent se partager à plusieurs un téléphone portable). Tous ceux qui doivent aller sur la voie publique doivent être dotés d’un gilet pare-balles.

6) Les salaires des policiers et gardiens de la paix doivent être améliorés en fonction de leur travail réel et de leur bagage scolaire.

7) Il faut donner à la protection judiciaire de la jeunesse, à l’administration pénitentiaire, aux juges d’application des peines et aux juges des enfants les moyens d’assumer leurs lourdes tâches, en particulier la prévention de la récidive, outil essentiel de protection des citoyens.

8) Deux types d’action doivent être encouragés pour les cas les plus diffi ciles :

- la « défense deuxième chance  », dispositif du ministère de la Défense qui monte doucement en puissance, encadrant des jeunes avec d’anciens militaires et des enseignants détachés ;

- la formation des élèves par des sapeurs pompiers, qui sont ensuite chargés de la sécurité de leur collège : on leur apprend à éteindre le feu, on leur confie des exercices d’évacuation, on les organise en équipes de garde et on leur remet des diplômes.

Bref, si on offre ainsi de la considération aux jeunes de banlieues, ils n’iront plus caillasser leurs formateurs ou vider leurs extincteurs. Le respect du service public ne se gagnera que sur ce type d’initiatives intégratrices.

9) Les vidéos violentes, impliquant des crimes et l’abus de personnes (vols, tortures…) doivent être interdites, ainsi que les jeux de hasard qui créent de la dépendance dans des lieux publics (il y a aujourd’hui de 50 000 à 100 000 joueurs dépendants de la répétition mécanique de tirages et de l’atmosphère d’alcoolisation de certains bars).

10) Il faut, dans la loi Perben 2, supprimer la possibilité offerte à des services étrangers de pays hors de l’Union européenne de venir enquêter en France. Ceci concerne en particulier le FBI et la CIA. L’on doit revenir à une simple possibilité d’assister les autorités judiciaires et policières françaises.

11) Enfi n, il faut arrêter la dérive des fi - chages informatiques devenant de plus en plus attentatoires aux libertés publiques.

Le passeport électronique, où seront rassemblées les données biométriques (empreinte digitale, signature de l’iris et/ou numérisation de la face) permet pratiquement de contrôler chaque individu en tout lieu de la planète. Le fi chage ADN est réservé, pour l’instant, aux seuls délinquants et grands criminels. La loi Perben 2 autorise le prélèvement autoritaire d’ADN sur les détenus et cette autorisation a été étendue par Nicolas Sarkozy aux personnes mises en garde à vue pour 24 heures.

On va ainsi vers un élargissement du contrôle à toute la population, avec un croisement des données et des moyens. Déjà, Alex Türk, président de la Commission informatique et liberté (CNIL), propose en outre la « légalisation de fi chiers suspects » créés par les sociétés privées. Il demande également l’interconnexion des fi chiers de suspects STIC (police, allant bien au-delà des casiers judiciaires) et JUDEX (gendarmerie), malgré leur illégalité selon les directives de la CNIL elle-même de 1978.

On passe ainsi progressivement, dans le cadre de la « nouvelle gouvernance fi nancière » mondiale, de la protection du citoyen à la surveillance de celui-ci pour garantir la protection d’intérêts privés.

Autant je ne fais pas preuve d’angélisme en matière de sécurité publique, autant cette dérive est absolument inacceptable. Je la combattrai pour défendre notre système républicain contre une nouvelle forme de surveillance totalitaire.




















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