XVIII - Sécurité publique : non à l’Etat policier



















XX - Questions fondamentales, mais consécutives au choix fait contre la mondialisation financière

 


























 


























 

























IMMIGRATION, CO-DEVELOPPEMENT, AFRIQUE
ROMPRE AVEC L’INADMISSIBLE

 
 

Je suis en colère face à l’injustice faite à des pays et à des hommes vis-à-vis desquels nous avons une responsabilité historique particulière. L’Europe est devenue une place forte qui se désintègre de l’intérieur, mais repousse ceux qui veulent en partager quelques miettes pour survivre. Je déteste cette Europe-là et cette France-là. Ma politique vise à retrouver une vraie France et une vraie Europe.

Dans la logique du système financier et monétaire international actuel, l’Afrique ne peut avoir accès au développement et l’immigration se réduit fatalement à un pillage de cerveaux. Il y a le second projet de loi sur l’immigration de la deuxième présidence Chirac - la loi Sarkozy - qui organise l’injustice, mais le fait lui-même du pillage la précède. Par exemple, 10 % seulement des étudiants boursiers que les pays maghrébins envoient en France pour s’y former reviennent ensuite dans leur pays d’origine. Ainsi, dans cette « aide au développement à l’envers », ces pays supportent le coût de la formation de leurs jeunes ressortissants et nous en exploitons les capacités ! Le président de l’Union africaine, Alpha Omar Konaré, l’a exprimé clairement : « L’immigration choisie, c’est refuser à l’Afrique le droit au développement. On décide de piller les pays africains de leurs cerveaux. Déjà, chaque année, plus de 25 000 diplômés, dans tous les domaines, quittent l’Afrique. »

Dans la logique de mon projet, au contraire, nous devons être à la fois capables d’assurer le développement des pays d’où viennent nos immigrés et de les intégrer. Accueil et codéveloppement définissent ainsi la mission universelle de la France.

  
"La vérité est que la nécessaire régulation de l’immigration ne peut être mise en place que de deux façons : en assurant le développement des pays du Sud et en créant de vraies formules de co-développement et de partenariat. » "
 

La vérité est que la nécessaire régulation de l’immigration ne peut être, en toute justice, mise en place que de deux façons : en assurant le développement des pays du Sud pour y créer des emplois qualifiés et en créant avec eux de vraies formules de co-développement et de partenariat pour la formation.

La solution est de considérer à nouveau des êtres humains comme des êtres humains et non comme des « variables d’ajustement » ou des kleenex à trier et éventuellement jeter après usage.

A) DÉVELOPPER L’AFRIQUE

La première mission de l’Europe et de l’Asie réunies par le Pont terrestre eurasiatique sera de fournir à l’Afrique les moyens de son développement, de manière à ce que son capital humain puisse y rester. D’une part en y promouvant l’équipement infrastructurel et social, d’autre part en organisant dans chaque pays un vecteur scientifique tirant les économies. C’était le rêve d’un Cheikh Anta Diop, il est plus que temps de le réaliser. Les « nations nègres », berceau de l’humanité, ont le droit fondamental de retrouver leur culture dans l’essor des pouvoirs créateurs de leurs citoyens. Pour cela :

  
"La première
mission de
l’Europe et
de l’Asie sera
de fournir à
l’Afrique les
moyens de son
développement"
 

1) Il faut, ce qui est consubstantiel à mon projet, sortir du système d’ajustements structurels du Fonds monétaire international qui détruit la santé, l’éducation, la fonction publique et les infrastructures.

2) On doit lui substituer la promotion de grands projets infrastructurels. Deux projets- phares sont :

- la remise en eau du lac Tchad, « pompe à développement » de l’Afrique centrale. Il a perdu depuis 50 ans plus de 80 % de sa surface, et depuis 500 ans 95 %. Cette remise en eau permettrait d’une part d’arrêter l’extension du désert, en organisant à terme un changement climatique, d’autre part de lancer l’exploitation des terres très riches que ses limons ont créées, à condition de donner aux agriculteurs les moyens de les exploiter sans les épuiser ;

- la création de chemins de fer et de transports à grande vitesse en général, intérieur-intérieur et côte-côte. Il s’agit de sortir du modèle intérieur-côte, organisé le plus souvent pour le pillage des matières premières, et de réunifier les marchés entre les zones intérieures ainsi désenclavées pour la consommation locale.

Pour ces grands projets, des financements internationaux avec des crédits à long terme (20 à 50 ans) et faible taux d’intérêt doivent être prévus, l’idée étant, comme pour le plan Marshall, que le développement engendré par les projets « paie » les crédits (système de « paiements différés »).

3) Dans le cadre de projets locaux et régionaux, qui n’ont de sens que tractés par les grands projets, le micro-crédit devrait être organisé par les Etats en faveur des plus défavorisés pour court-circuiter les usuriers. L’idée ici est de mettre au travail le plus vite possible, en organisant des passerelles vers les emplois qualifiés au fur et à mesure du développement. Avec une priorité donnée aux enjeux majeurs : eau, école, environnement, santé, en mobilisant en particulier les femmes, qui sont au coeur de ces sujets. La consommation intérieure serait ainsi stimulée et pourrait être échangée en recourant aux transports intérieur-intérieur.

4) Les armées africaines ne doivent plus être des armées de répression ou de maintien d’un ordre politique injuste, mais être impliquées, sur la base de « corps de génie  » que nous devons aider à mieux organiser, dans la construction de voies ferrées, ponts, ports, routes, etc.

5) Nous devons aider l’Afrique à produire des médicaments génériques bon marché, en passant par dessus les réticences de nos laboratoires pharmaceutiques, pour traiter le sida et toutes les maladies tropicales. Nous devons aussi soutenir la proposition du président sénégalais Abdoulaye Wade en faveur d’une assurance mondiale contre les épidémies internationalement transmises.

6) La dette des pays appauvris par la politique internationale relayée par des gouvernements corrompus doit être annulée en faveur de leurs peuples.

7) Un véritable commerce équitable doit être établi, se substituant au libre-échange destructeur. Nous devons, en accord avec les gouvernements et les producteurs africains, ouvrir nos frontières aux produits des agriculteurs et des pêcheurs africains qu’aujourd’hui ils ne peuvent plus exporter.

8) Ainsi, les conditions seront créées pour que la vie et la dignité des jeunes Africains soient enfin respectées, sans navires et avions de l’Union européenne les empêchant de quitter les côtes d’Afrique, sans risque de mourir par noyade ou sur les barbelés de Ceuta et de Melilla, sans aboutir à des camps de travail européens comme on en a trouvé dans Pouilles ou dans des logements misérables où eux-mêmes et leurs enfants sont contaminés par le saturnisme.

La justice envers l’Afrique et ses peuples, comme envers notre propre peuple français, exige que nous ne nous soumettions plus à la mondialisation financière.

B) PROMOUVOIR UNE POLITIQUE RÉPUBLICAINE D’IMMIGRATION

Notre politique vis-à-vis de l’immigration est d’abord révélatrice de ce que nous pensons de nous-mêmes. C’est pourquoi la question de l’immigration ne peut être traitée d’abord comme une question « du dehors », de « flux migratoires » ou de « sécurité », mais comme une question « du dedans », de vouloir-vivre en commun, de ce que nous voulons faire de notre société avec « eux », avec cet ensemble disparate et hétérogène de « prochains » qui ne peut être défini positivement que par rapport à son avenir et au nôtre.

Dans cette perspective, deux vérités sont bonnes à dire :

  
"La France ne
pourra pas
se passer de
l’apport de
l’immigration
au cours de ce
XXIème siècle"
 

- la France, compte tenu de sa situation démographique, ne pourra pas se passer de l’apport de l’immigration au cours de ce XXIe siècle ;

- l’immigration, si elle est orientée par un effort d’intégration, a toujours été facteur de dynamisme social.

Par rapport à ce double constat, les moyens mobilisés sont aujourd’hui dérisoires et dispersés. Sur un total d’environ 4000 fonctionnaires et agents publics, entre 500 et 1000 seulement s’occupent, directement ou indirectement, de l’immigration. La part du budget affecté ne dépasse pas 300 000 euros. Et, depuis dix ans, les crédits stagnent ou décroissent.

Il faut donc d’abord rassembler les moyens et créer une structure unique qui les anime.

1) La solution est un retour de l’Etat en donnant un signe fort, avec la création d’un grand ministère de la Coopération, du co-développement et de l’immigration. Ainsi seront réunis les deux aspects d’une même politique « intégrée » : l’impératif de développement des pays d’origine et la bonne gestion de l’immigration.

Cette administration spécialisée ne doit pas être pléthorique. L’idée est de mettre en place le type de dispositif que Jean Monnet imagina pour nos premiers plans : une poignée de hauts fonctionnaires brillants et motivés, convaincus de leur mission, déterminant les objectifs pour les proposer au ministre et animant syndicats, associations, universités, élus et médias pour les mettre en oeuvre.

Auprès du ministre et de son administration de « chevaux légers  », la meilleure solution me paraît de créer une agence unique chargée de l’intégration qui peut être mieux cantonnée à un rôle exclusif et à la coordination des initiatives qu’une administration.

2) Dans le contexte défini par l’ensemble de mon projet, cette structure administrative pourra organiser les différents aspects de l’immigration :

A. Accueil. L’idéal serait que des fonctionnaires formés à cet effet dressent un bilan réel de compétences et de carences, permettant la discussion, l’adaptation et éventuellement la réorientation de parcours individuels, avec à chaque étape l’écoute attentive d’un travailleur social. Il faut faire du « cousu main » respectant la dignité de l’entrant.

B. Accès. Les grands équipements sociaux et culturels doivent être physiquement accessibles.

- Le premier effort doit être consenti en faveur des vieux immigrés, dont le traitement a été jusqu’à présent inacceptable et indécent. Il faut leur donner, en repérant au moins en partie les aspects les plus choquants de leur sort, l’accès à la santé par l’adaptation des structures (ouverture de dispensaires au plus près de leur habitat, et non fermeture comme c’est le cas aujourd’hui dans le 93, dans des locaux accessibles, à des horaires adaptés), la liquidation effective des retraites.

Signalons ici que la réforme Chirac en faveur des tirailleurs n’a constitué qu’un alignement de pensions partiel et tardif, ne concernant que les anciens combattants. Il faut y ajouter les engagés non combattants, avec bénéfice étendu aux veuves et ayants droit et un vrai rattrapage.

- Leurs parents étant respectés, les jeunes seront plus motivés et convaincus que l’Etat français est juste. Le second effort doit être fait en faveur de leur scolarité et de leur formation.

Les enfants ne doivent pas mettre plus de trente ou quarante minutes pour rejoindre leur collège ; il faut des petites unités (500 à 600 élèves) situées à une distance maximum de dix minutes à pied ou par transport scolaire. Ils doivent disposer, comme tous les autres enfants, de soins de dentisterie et de lunetterie et être suivis par des médecins, des infirmières et des assistantes sociales et maternelles : un dispositif d’assistance doit être ainsi prévu en leur faveur.

Dans les écoles de parents, le français pratiqué n’exclura pas le recours à la langue d’origine. Le bilinguisme est un acquis fondamental qui doit être reconnu.

- Le troisième effort doit être effectué, bien entendu, en faveur de l’emploi. Seule une politique combinant formation et accompagnement dans l’emploi, mobilisant ensemble administrations, syndicats et entreprises, sous l’aiguillon de l’Etat, permettra d’éliminer le sur-chômage des immigrés. Le grand service public de l’emploi que je préconise prendra l’initiative, et formera si possible des travailleurs dans des secteurs qui seront à la fois dans notre intérêt et dans celui du pays d’origine.

- Le quatrième effort à faire concerne le logement. Il faut non seulement qu’il soit assuré (cf. Logement - XI), mais que les quartiers d’immigrés deviennent « comme les autres », sans que l’adresse n’entraîne aucune conséquence sociale pour celui qui y habite.

- Le cinquième effort consiste à assurer la présence systématique et coordonnée du service public. Sous la tutelle de la future agence, des « maisons du citoyen », rassemblant les principaux services (administrations, emploi, santé, allocations familiales, aide juridique, interprétariat et soutien à l’enseignement du français aux mères de famille...), offriront un lieu d’intégration. Les immigrés seront associés à leur gestion à travers des « conseils de quartier  », en évitant le clientélisme politique, religieux ou culturel, élus par tous les habitants, français ou pas, ce qui constituera le passage vers le droit de vote des immigrés aux élections locales après cinq ans de séjour.

- le sixième effort est en matière de transports : il faut désenclaver, faciliter la circulation entre les quartiers et la ville, tout comme de banlieue à banlieue.

- Le septième est en matière de sécurité : les services de police redéfinis comme je le propose (cf. Sécurité publique - XVIII) devront être non seulement proches et intégrés, mais disponibles à toute heure (commissariats ouverts jour et nuit, sans fermeture de fin de semaine).

3) Des visas « ouverts »

En fonction de nos besoins, il faut augmenter le nombre de visas sans pillage de cerveaux. La possibilité d’allers-retours doit être offerte : les travailleurs et les étudiants qui partent ne doivent pas perdre le droit de revenir en France. Le co-développement signifie d’abord pouvoir circuler dans les deux sens.

Il va sans dire que toutes les dispositions restrictives, en matière d’accès à la nationalité, de cartes de séjour, de regroupement familial et d’asile politique de la loi Sarkozy seront supprimées.

4) La question de la culture doit être posée sans démagogie : il s’agit simplement d’organiser un échange entre ce que la tradition de l’immigration porte de meilleur (par exemple, la musique arabo-andalouse, l’apport de la philosophie arabe ou les origines de l’Afrique) et la nôtre (mise à disposition des acquis de notre culture de la Renaissance et de la République).

5) En matière de religion, l’islam en France doit être traité ni plus ni moins comme les autres cultes. Au nom de la liberté de conscience, les fidèles doivent pouvoir disposer d’un lieu de prière, de centres culturels ou locaux de réunion, construire des mosquées en respectant les lois et les principes de l’urbanisme et vivre en respectant les comportements exigés par leur religion. Les collectivités locales, soutenues par l’Etat, doivent pouvoir leur offrir les moyens de construction des édifices du culte sans changer les lois sur la laïcité (bail emphytéotique pour les terrains, prêts pour construire...)

6) Moyens : il est indispensable d’accroître les ressources financières là où elles sont nécessaires, c’est-à-dire dans les communes, les départements et les régions comportant des quartiers en difficulté et d’importants flux d’arrivée de populations.

7) Harkis et leurs enfants : un effort particulier doit enfin être consenti en leur faveur, pour leur donner les moyens de devenir réellement français.

8) En conclusion, la politique d’intégration à l’intérieur de notre pays est l’équivalent de notre politique de co-développement à l’extérieur, celle du Pont terrestre eurasiatique et du nouveau Bretton Woods : dans les deux cas, l’objectif est une nouvelle donne.

9) Le gouvernement français doit en discuter avec les chefs d’Etats des pays concernés, avec une coordination à l’échelle européenne, en dépassant des réunions trop souvent stériles de la Françafrique par des ordres du jour précis et des engagements motivés.

10) Quant à moi, avec notre mouvement de jeunes en France, je soutiendrai les jeunes Africains pour qu’ils aient un avenir à la fois chez eux et chez nous, selon leur choix et sans fatalité.

En même temps, la diaspora africaine doit se mobiliser pour peser sur le débat : elle le peut, j’entends être son étincelle.




















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