RETRAITES
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Tout le monde parle de réformer un système qui ne pourrait pas durer. En disant que la durée de vie va augmenter (ce qui n’est plus du tout certain, et même certainement faux si la crise éclate), et donc que le nombre de retraités par rapport à la population active aussi, l’on en déduit que le système des retraites par répartition, dans lequel les actifs paient pour les retraités, s’assèchera fatalement. Il faut donc, conclut-on, changer de système en y incorporant un système de capitalisation. En fait, l’on exige des jeunes générations que, non contentes d’avoir été volées par les baby boomers, elles épargnent davantage pour payer, l’heure venue, leur propre retraite !
Ce raisonnement est absurde car il repose sur une vision statique et, en conséquence, fausse :
l’argent des retraités n’est pas stérilisé ;
les retraités consomment et leurs dépenses
contribuent à la croissance. De plus, en soutenant
leurs enfants, ils infusent du pouvoir
d’achat supplémentaire ;
l’âge de la retraite n’est pas une fatalité.
Il faut remplacer cette notion par celle
de la retraite choisie - comme le temps de
travail choisi - en fonction de la pénibilité
du travail effectué ou du choix de ne plus
travailler. Si le travail redevient intéressant,
dans mon projet, les « vieux » de 60 ans qui
ont encore plus de 20 ans d’espérance de
vie et se portent bien, voudront continuer
à travailler. Non dans des postes exécutifs,
mais dans des postes de contrôle et de
conseil. On recrute déjà ainsi à la RATP,
pour mobiliser des compétences perdues.
Le phénomène mérite d’être examiné et
évalué, et il faut en tirer des conclusions
sur un plan plus général ;
système de répartition puisse continuer à fonctionner, il faut une économie organisée de plein emploi" | |
enfin, demander aux actifs de capitaliser
pour préparer leur retraite revient en
fait à ponctionner la consommation, avec
un choc en retour sur la croissance au seul
profit des banques et des sociétés d’assurance,
et de leurs parrains de
l’oligarchie financière.
Bien entendu, pour que le système de répartition, pari sur l’avenir qui est socialement le plus juste, puisse continuer à fonctionner, il faut une économie organisée de plein emploi.
C’est le but de mon programme économique et de ma politique du droit au travail et à la qualification de l’emploi. L’augmentation du nombre de seniors ne doit pas être vue comme une charge, mais être traitée comme si nous devions gérer une croissance mutuellement enrichissante de notre population. Bien entendu, l’espérance sociale que fera naître notre projet, et une politique soutenue d’allocations familiales, de construction de crèches et d’aide en faveur des pauvres, entraînera une forte hausse des naissances, impossible dans le système ultra-libéral actuel, source de pessimisme et d’hédonisme à courte vue (« après moi, le déluge »).
Le problème des retraites pose donc, en réalité, toute la question de l’avenir de notre société. Il faut y répondre avec les yeux du futur, non avec ceux du passé figé ou d’un présent devenu destructeur.
La seule mesure socialement
plus saine et plus juste que je
proposerai, outre le temps de
travail choisi, est un plafonnement
des retraites à 15 fois le
SMIC et un plancher au niveau
du SMIC. Cet écart limité de 1
à 15 se justifie d’autant plus que les riches
ont déjà accumulé un patrimoine dont ils
peuvent jouir par ailleurs.


