1er mai 2007
Webcast de Lyndon LaRouche : Nous avons besoin d’un « nouveau Washington »

« Au cours de l’histoire, les révolutions ont été accomplies par la génération de jeunes adultes de 18 à 25 ans, et au-delà, jusqu’à 35 ans. C’est elle qui absorbe les idées nouvelles et les transmet aux générations suivantes. »
Conférence internationale de Lyndon LaRouche
" Nous avons besoin d’un « nouveau Washington » "

Dans sa conférence internet du 1er mai, Lyndon LaRouche a insisté sur la nécessité d’instaurer de toute urgence un nouveau système monétaire.

voici la vidéo du discours de Lyndon LaRouche, précédé d’une courte introduction de sa porte-parole : (pour télécharger, faites un Clic droit ICI)

voici la période de questions/réponses : (pour télécharger, faites un Clic droit ICI)

***

Suivent des extraits de cette conférence :

« Ce que je vais vous annoncer, qui sera suivi d’une présentation sur ce sujet, va provoquer l’incrédulité chez beaucoup de gens dans le monde, surtout ici aux Etats-Unis. C’est pourtant la vérité. Je vais vous donner certains éléments sur la situation mondiale que vous n’avez peut-être pas pris en compte ou que vous ne connaissiez pas, ce qui expliquerait ces doutes.

Le système monétaro-financier se trouve actuellement dans un processus de faillite si irréversible qu’il n’y a pas moyen qu’il puisse se rétablir ni même survivre. Il est fini. Même la question de la valeur de l’argent est posée.

Pour que la civilisation perdure sur cette planète, il faut que, très rapidement, les Etats-Unis passent un accord avec la Russie, la Chine, l’Inde et d’autres pays, prévoyant d’instaurer immédiatement un nouveau système monétaire international, s’appuyant sur le précédent de la création du système de Bretton Woods en 1944-45, par Franklin Roosevelt. C’est possible, et c’est indispensable. La Russie a déjà indiqué, par la voix du président Poutine et d’autres, sa volonté de collaborer avec les Etats-Unis (peut-être pas avec les clowns qui occupent actuellement la Maison Blanche) dans une nouvelle relation différente.

C’est la seule option valable pour l’humanité maintenant. Le délai, c’est l’immédiat. On ne peut pas attendre 2009, ni 2008. Il faut le faire maintenant. Parce que le système dans son ensemble est en faillite. Pour le faire tenir, il faut des épingles ou du chewing gum.

En fait, le système, sous sa forme conventionnelle, est entré en faillite en octobre 1987, ce que j’avais eu le privilège de prévoir quelques mois auparavant. C’est alors qu’un type du nom d’Alan Greenspan, qui ne brille pas par la clarté de son langage, a été nommé nouveau gouverneur de la Réserve fédérale. Il a annoncé à celui qu’il allait remplacer, Paul Volcker, et à d’autres : « Attendez, j’arrive ! ». Lorsqu’il est entré en fonctions, il a lancé la plus grande fraude qu’on puisse imaginer. Au lieu de reconnaître que nous nous trouvions déjà dans des conditions de dépression comme en 1929, il a décidé qu’il fallait créer ce qu’on appellerait plus tard un « mur d’argent ». C’est-à-dire des quantités croissantes de vrai-faux argent, non sous forme de billets de banque, mais de fictions électroniques - on pourrait parler d’accords basés sur du vent.

Deux facteurs furent décisifs. Tout d’abord, [les institutions de rachat hypothécaire] Fannie Mae et Freddie Mac furent transformées en mécanismes de spéculation folle sur des titres financiers adossés à des crédits hypothécaires. Deuxièmement, surtout à partir de l’entrée en fonctions du président Clinton [janvier 1993], on a déversé de l’argent fictif dans la société de l’information.

Puis, comme vous le savez, au cours du printemps et de l’été 2000, la « bulle de l’an 2000 » éclata. Mais auparavant, un mur d’argent avait été érigé dans le secteur - on pouvait obtenir de diverses sources quantité d’argent pour rien, ou moins que rien ! Ici, en Virginie, on a eu le cas de Winstar, une société qui n’a jamais rien produit ! On engagea des directeurs, avec des salaires élevés. Puis elle a fait faillite, et les directeurs décampèrent... C’est un cas typique.

Après, nous avons eu le gouvernement Bush. George ne savait pas ce qui se passait, c’était un instrument de Dick Cheney. Leur plan était de faire la guerre. La décision de partir en guerre n’a pas été prise après le 11 septembre, mais bien avant. J’ai prévu à l’époque (certains d’entre vous s’en rappelleront) que nous devions nous attendre à un incident semblable à l’incendie du Reichstag orchestré par Hermann Göring en février 1933, qui avait permis au même juriste [Carl Schmitt] qui inspire aujourd’hui les membres de la Federalist Society, de faire adopter une loi accordant des pouvoirs dictatoriaux à Hitler. Et on connaît la suite...

Ici, nous avons eu le 11 septembre. Le nouveau gouvernement, créé artificiellement avec de la boue ou une substance encore moins agréable par George Shultz - celui-là même qui avait dirigé la mise au pouvoir du régime fasciste de Pinochet au Chili - adopta une politique de nature dictatoriale. Et au soir du 11 septembre, il essaya d’imposer des pouvoirs dictatoriaux, sans y parvenir complètement. Il obtint néanmoins des pouvoirs quasi-dictatoriaux, concentrés dans les mains de Cheney et d’autres.

A certains égards, Cheney n’est pas si important que cela, c’est un simple exécutant. Mais il travaille pour des groupes de gens associés à George Shultz, qui est une personnalité internationale. Le centre de pouvoir ne se trouve pas aux Etats-Unis mais à Londres. (Al Gore est officiellement un agent du gouvernement britannique et de la monarchie britannique. Le programme qu’il promeut aujourd’hui vient de Grande-Bretagne, non des Etats-Unis.)

Le phénomène « boomer »

On a donc imposé une sorte de dictature aux Etats-Unis. Nous avons toute une génération, celle du baby-boom née entre 1945 et 1956, qui a subi un lavage de cerveau bien spécifique. Je parle du secteur « col blanc » de cette génération, à la différence des travailleurs. C’étaient les enfants « admirables ». On disait aux enfants nés alors : « Nous sommes admirables, contrairement aux cols bleus. Nous allons réussir. Nous aurons le pouvoir. » C’était la période du mythe du col blanc, celui de The Organization Man [description de l’homme d’affaires type, du conformisme] : « Nous allons diriger le monde ».

En février 1957, on assista à une récession profonde, qui continua jusqu’en 1961. Ce fut la fin du mythe de la génération du baby boom. Mais aux petits enfants, nés entre 1945 et 1956, on avait inculqué une certaine idéologie qui allait donner l’idéologie des soixante-huitards. Ces gosses méprisaient les ouvriers, méprisaient les fermiers, détestaient l’ingénierie et la science, et étaient déterminés à créer un paradis dans lequel ces choses n’existeraient pas. Lorsque ma génération a commencé à disparaître, surtout à la fin des années 80, ils ont commencé, par leur influence, à fermer les industries. Ils ont fait des absurdités pour arrêter le progrès technologique. Ils ont ruiné les agriculteurs, les industries, la population travailleuse, tout ! Et ils se disaient de la « génération dorée ».

La révolution des soixante-huitards remonte en fait à ceux qui détestaient Franklin Roosevelt et voulaient détruire, dans l’après-guerre, tout ce qu’il représentait aux Etats-Unis. Cela n’a pas été possible d’un coup, mais après l’assassinat de John Kennedy et le lancement de la guerre en Indochine, ils ont progressé peu à peu. On utilisa les jeunes gens nés entre 1946 et 1956, qui arrivaient à l’âge adulte, comme bélier - comme on l’a vu dans les rues des Etats-Unis et d’ailleurs, au cours du printemps, de l’été et de l’automne 1968 - pour déclencher une révolution culturelle.

Les soixante-huitards avaient un instinct de classe contre les ouvriers, les fermiers et les scientifiques. Ils ont donc divisé le Parti démocrate, dont la base était composée justement de ces couches de la population. Les soixante-huitards s’y opposaient au nom de la gauche. Mais la gauche était à droite ! C’était les enfants de ceux qui avaient créé Hitler en Allemagne dans les années 20 et 30.

Ils ont donc divisé le Parti démocrate et amené au pouvoir un mouvement potentiellement fasciste à travers le président Nixon. En fait, Nixon n’était pas le problème, mais seulement un instrument de transmission du problème. Il n’était pas la maladie, mais le porteur de la maladie. Ce fut une conséquence du « complexe militaro-industriel » dont parlait Eisenhower.

Depuis cette époque, pour ceux parmi les 80 % les moins favorisés de la société, les conditions de vie et les acquis se sont détériorés. La tentative de supprimer la caisse des retraites publique, la destruction effective du système de santé, etc., sont des produits de ce processus. Nous avons aujourd’hui un régime effectivement fasciste aux Etats-Unis, le gouvernement Bush.

On constate une révolte contre cette tendance chez les jeunes adultes de 18 à 35 ans. Nous l’avons vu cette semaine en Californie [la convention du Parti démocrate de Californie s’est déroulée du 27 au 29 avril]. Concernant la destitution de Dick Cheney, depuis que le Parti démocrate a regagné le Congrès [en novembre 2006], il s’est mobilisé pour bloquer toute tentative de mettre Cheney en accusation, prétendant que « lorsque nous arriverons au pouvoir en 2009, nous nous occuperons des problèmes ». Mais faute de changement, il n’y aura même pas de gouvernement en 2009. (...)

Le rôle du dollar

Ou bien on élimine tout ce que représente la faction de Cheney, ou bien il n’y aura plus d’Etats-Unis. Prenez le dollar, qui est la monnaie de réserve mondiale, maintenant encore, en dépit de ses problèmes. Si le dollar s’écroule, on assistera à un effondrement en chaîne du commerce, des valeurs financières, etc., plongeant le monde entier non pas dans une dépression, mais dans un nouvel âge des ténèbres comparable à celui du milieu du XIVème siècle.

Nous devons donc intervenir immédiatement pour l’empêcher. La clé de voûte, c’est de maintenir le rôle du dollar comme monnaie de réserve, sinon tout s’effondre.

Il y a des gens haut placés qui ne sont pas d’accord avec cela, ils disent avoir un « système » pour remplacer le dollar. C’est ce que dit Benn Steil, du Conseil des relations extérieures (CFR), un idiot, mais un idiot bien informé. Le système d’institution proposé par le CFR ne pourrait jamais marcher !

Mais ils y croient, ils ont la foi. Ils croient au paradis, même si c’est l’enfer, du moment que ce que sont eux qui le gèrent. Ce que ce type écrit dans Foreign Affairs est idiot. Dans le fond, il propose que trois monnaies contrôlées par des intérêts privés dirigent le monde.

Mais toutes les valeurs dans le monde aujourd’hui reposent sur le rôle déterminant du dollar (et des engagements en dollars), comme monnaie de réserve.

Par exemple, si le dollar s’effondre, que deviendront les actifs de la Chine ? Pscht ! Et les actifs de l’Inde ? Pscht ! Et l’Europe ? pareil. Car sans monnaie stable, sans norme de valeur pour le commerce, impossible de maintenir le système.

Nous sommes dans un système-dollar - on ne peut pas faire semblant qu’il en soit autrement. On peut parler de paniers de monnaies, mais cela ne marchera pas, parce que le monde dépend de la dette des Etats-Unis. Et si leur position en tant que nation débitrice n’est pas reconnue, tout sombre.

Cependant, le système est en faillite. Nous devons le déclarer en faillite, puis le mettre en redressement judiciaire, afin que les gouvernements décident des mesures à prendre. Ils doivent assurer que les paiements nécessaires soient effectués et les fonctions vitales maintenues. Les retraites seront versées, les investissements dans les entreprises productives seront consentis, mais on suspendra, ou annulera, les paiements sur certaines catégories d’obligations, par exemple sur les dettes de jeu, qui ne représentent aucune richesse. On annulera les dettes de jeux ou de paris qui constituent, sous une forme ou une autre, le plus gros de la dette mondiale. Ensuite, on prend des mesures, par le biais des gouvernements, pour instaurer des accords commerciaux de crédit permettant non seulement de maintenir le niveau de l’activité physique actuel, mais de l’accroître.

Il y a plusieurs choses à faire. Tout d’abord, nous devons renverser le processus de destruction que l’économie américaine subit depuis 1971, principalement. Nous sommes devenus une société postindustrielle, dépendant de ses importations. Nous ne gagnons plus notre vie, nous nous endettons pour acheter ce que nous ne produisons plus. Le système de santé publique s’évanouit, on dénature l’agriculture pour la production d’éthanol.

Le gouvernement doit assumer ses responsabilités, en vertu de la même autorité constitutionnelle invoquée par le président Franklin Roosevelt dans les années 1930. La tâche à accomplir est, certes, plus grande que celle à laquelle Roosevelt était confronté, mais les mêmes principes s’appliquent. Il ne s’agit pas d’une innovation juridique, ce sont les principes du Système américain d’économie politique, tel que Roosevelt les avait compris et qui réussirent à transformer une nation en faillite, les Etats-Unis des années 1930, en la plus grande puissance productive que le monde ait jamais connue. Une puissance qui nous sauva du nazisme et de ses conséquences. De sorte que les conditions étaient réunies, au moment de la mort de Roosevelt, pour libérer le monde du colonialisme et établir une fédération d’Etats-nations souverains en vue de coopérer au développement du monde entier de façon équitable, de mettre fin à la misère et d’instaurer la justice.

Mais on étouffa cette possibilité. [Le nouveau président Harry] Truman l’étouffa dès la fin de la guerre, pour soutenir un nouveau colonialisme : reconquête de l’Indochine, de l’Indonésie, soutien à des formes de pseudo-liberté en Afrique, à un arrangement bidon en Inde - qui reste chaotique à ce jour. Les Etats-Unis ont soutenu la Grande-Bretagne, en particulier, dans une recolonisation de régions qui s’étaient battues pour leur liberté et étaient sur le point de l’obtenir. On a empêché tout développement dans des régions qui le recherchaient et qui l’auraient obtenu si Roosevelt avait vécu.

La solution aujourd’hui est de revenir à l’œuvre de Roosevelt et de reprendre ce qu’on n’aurait jamais dû interrompre. Les nations intelligentes dans le monde le reconnaissent, et certaines sont relativement puissantes. La Chine a une population de 1,4 milliard de gens, la plus importante au monde. L’Inde a plus d’un million d’habitants. On voit une tendance similaire dans une bonne partie de l’Asie. La Russie reste une nation puissante avec un grand potentiel. C’est une nation eurasiatique, ayant des liens historiques à l’Europe et à l’Asie. Elle fait passerelle entre la civilisation européenne et la culture asiatique.

Si ces nations sont unies, incluant les Etats-Unis, autour de la détermination de sauver ce monde, et si la Russie, la Chine et l’Inde se mettent d’accord sur la négociation immédiate d’accords spéciaux visant à stabiliser la situation et à créer les fondations d’une nouvelle direction des affaires mondiales, cela peut marcher. Car d’autres nations, relativement plus faibles, s’y joindront si on leur en offre l’occasion. Elles s’y joindront à travers ce que Roosevelt voulait que les Nations unies deviennent : non pas un instrument de la mondialisation, mais une entité regroupant des Etats-nations souverains pour coopérer dans les intérêts communs de l’humanité.

C’est tout à fait faisable, et nous sommes arrivés au point où il n’existe pas d’autre choix sensé.

Destituer Cheney !

En Californie, le week-end dernier, nous avons vu une démonstration, sous une forme relativement modeste mais significative, qu’une telle évolution était possible à court terme. Au début, les dirigeants du Parti démocrate refusaient de soutenir la destitution de Dick Cheney. Il est vrai que beaucoup d’entre eux reçoivent de l’argent des cercles financiers contrôlés par George Shultz. Bon nombre de candidats présidentiels - démocrates et républicains - encaissent, directement ou indirectement, des fonds de ces cercles, y compris de Felix Rohatyn, un fasciste qui finance le Parti démocrate. C’est l’un de ceux qui financèrent la montée au pouvoir de Pinochet au Chili. George Soros est d’un genre différent, mais se trouve dans une position similaire. Ensuite, on a les banquiers qui sont directement derrière George Shultz.

Les dirigeants plus âgés du Parti démocrate, qui pensent petit, se disaient : « Ne destituons pas Cheney, George Shultz ne veut pas de sa destitution. Essayons simplement de gagner la prochaine élection. » Eh oui, à condition de survivre jusque-là !

Mais les jeunes, et les plus démunis, ne sont pas d’accord avec cette politique acceptée par la direction du parti. Moi, j’ai dit : « Non, il y a beaucoup de gens qui veulent la destitution de Cheney. C’est l’un des projets les plus populaires dans le monde en ce moment. Tout le monde veut se débarrasser de Cheney, alors, où le problème ? C’est un criminel, il a commis un crime. Nous l’avons pris en flagrant délit : il nous a entraînés dans la guerre par ses mensonges. De même que Tony Blair, qui a menti. Et le président Bush aurait menti s’il était assez intelligent pour savoir ce qu’est un mensonge. Où est le problème ? Il a commis tous les actes de trahison possibles, qu’attendez-vous ? »

La destitution de Cheney est encore plus populaire dans ce pays que la crème glacée ! Seulement, beaucoup d’Américains, surtout les plus défavorisés, sont convaincus qu’ils n’ont aucun pouvoir. On leur permet tout juste de voter pour des candidats approuvés ou des thèmes approuvés, mais on ne leur permet pas de dire : « Eh, attends une minute, j’ai une autre idée ». S’ils le font, on les traite de fous, la presse n’en parle pas. Ils ne sont pas représentés.

Les gens ne vont pas simplement descendre dans la rue pour crier : « Nous voulons ceci », et c’est celui qui crie le plus fort qui gagne. Ils ont besoin d’un système représentatif, par lequel se développe un processus de délibération d’idées et d’enjeux, dans lequel leur voix est entendue, leur esprit engagé, leurs opinions prises en compte. Nous n’avons pas un tel système aux Etats-Unis aujourd’hui. Nous avons des individus qui dirigent le pays, qui disent aux gens de rester à leur place : « Nous vous l’expliquerons plus tard, nous vous dirons en janvier 2009 de quoi il retourne dans cette élection. »

Il fallait donc un catalyseur et notre rôle était de le devenir. Il y avait des gens à la Convention du Parti démocrate de Californie et dans d’autres parties du pays, qui réclamaient la destitution de Cheney. Pourquoi la direction du Parti n’en voulait-elle pas, alors que la majorité des démocrates sont pour et savent que c’est nécessaire ? A cause de magouilles, ou pour éviter des ennuis.

Dès lors, comment faire pour que la volonté de la majorité s’exprime et soit respectée ? Notre mouvement, surtout notre mouvement de jeunes, a été le catalyseur au sein du Parti démocrate qui déclencha le processus par lequel la majorité des gens ont pu exprimer leur volonté. C’est un peu comme l’eau retenue par un barrage : si on fait une petite brèche dans la structure, l’eau se déverse à flots à travers le paysage. Dès lors que nous avons ouvert cette brèche, le Parti démocrate a - enfin - remis la destitution de Cheney sur le tapis, en Californie et ailleurs.

C’est de cette manière que la volonté du peuple doit s’exprimer. C’est cela le rôle du leadership dans une société, savoir ce qu’il faut faire et reconnaître le problème suivant : des individus âgées aujourd’hui de 50 à 65 ans, des vétérans du phénomène soixante-huitard, détiennent la majorité des positions de pouvoir aux Etats-Unis, c’est un phénomène social. Ceux qui ont moins de 30 ans, surtout dans la tranche des 18 à 35 ans, n’ont aucune représentation efficace. On parle de démocratie ? Oui, mais nous voulons parler de la vraie démocratie. Pas seulement de voter oui ou non, mais de participer au processus de délibération, à travers lequel telle ou telle politique est décidée et adoptée. Le droit de vote n’est pas la liberté ; le droit de participer au processus de délibération, où l’on définit les querelles importantes, si. Le droit de se développer, de savoir et de pouvoir faire ce genre de contribution, c’est cela la liberté. Pour l’obtenir, la liberté doit avoir le droit de s’exprimer.

Le test, en ce moment, c’est la destitution de Cheney.

Le gouvernement Bush est en train de se désintégrer, sous nos yeux, il s’effondre. Nous sommes donc dans une situation où, dans des conditions de crise, à condition de s’engager et d’être respecté par la majorité des gens, si l’on ouvre les portes de la délibération pour que le peuple y participe - notamment parmi les 80 % les moins favorisés de la population - on peut ouvrir le barrage. Et les eaux se déverseront, les changements pourront se faire soudainement, et les cauchemars qui nous tourmentent aujourd’hui seront emportés.

Que faire pour reconstruire ?

Alors, on pourra s’attaquer aux questions pratiques. Quelle est la seule solution face à la menace immédiate de nouvel âge des ténèbres ? Tout d’abord, nous devons stabiliser le système monétaire international. Comment ? Un groupe de pays puissants lance une dynamique pour mettre l’ensemble du système financer mondial en redressement judiciaire, afin que les gouvernements puissent intervenir ; dans le fond, on refait ce que Franklin Roosevelt a fait pendant les années 1930. On contrôle les banques, on régule le système pour le rendre plus juste.

En même temps, que faire pour rebâtir l’économie, pour redevenir une société productive, encourageant le progrès scientifique, l’industrie et l’agriculture, le développement de l’infrastructure et des qualifications, et un meilleur niveau de vie dans le monde ?

Nous pouvons y arriver. Il y a des mesures qui peuvent et doivent être prises. Prenons le cas de l’énergie nucléaire. La fission nucléaire a le vent en poupe, on ne peut pas la stopper, à moins de sombrer dans la catastrophe. Mêmeles gens « de droite »qui ne sont pas complètement cingléssontpourl’énergienucléaire.Regardez l’accroissement du nombre de contrats pour le développement du nucléaire dans le monde et du nombre de pays qui ont l’intention de le faire, c’est énorme !

Prenez l’approvisionnement en eau douce, qui est si précaire dans tant de régions du monde : on ne peut pas l’assurer sans l’aide de l’énergie de fission nucléaire. Et à moins de réaliser la fusion thermonucléaire, comme nouvelle technologie, on ne pourra pas résoudre de nombreux problèmes de matières premières ; la fusion permet de résoudre des problèmes de chimie actuellement insolubles pour un coût raisonnable.

Si nous nous donnons pour mission de développer l’infrastructure, de traiter la crise internationale de l’eau douce et autres, puisque nous connaissons les technologies appropriées, alors nous pouvons sauver cette planète. Non pas par un miracle envoyé d’en haut, mais grâce à notre propre volonté, en adoptant les mesures et les dispositions institutionnelles nous permettant d’y parvenir.

Notre tâche est donc claire, comme on l’a vu en Californie, sachant qu’il y a une bombe prête à exploser. Cette bombe, c’est l’opinion publique des 80 % de la population les moins riches, aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde. Il faut libérer le potentiel de cette tranche de la population, l’« homme oublié », comme disait Roosevelt. Qu’il participe à la discussion, au lieu de seulement voter. Qu’il comprenne que sa contribution à la discussion est importante. Il fait partie des délibérations. Les faits sont présentés, l’échange de vues se produit, et ils ont participé à la décision qui est prise. Qu’ils soient d’accord ou non avec le choix, ils y ont contribué. Leur voix a été entendue, leurs intérêts ont été pris en compte. Dans ces conditions, nous pouvons résoudre les problèmes.

Par exemple, la Chine a un problème majeur. A certains égards, la Chine est riche, mais à d’autres, elle s’appauvrit. Le Parti communiste a ses milliardaires, parce qu’en s’adaptant au capitalisme, certains chefs du Parti sont devenus de gros capitalistes. D’un autre côté, on a une population largement sous-développée. Les dirigeants savent qu’ils doivent traiter ce problème.

Les gouvernements de la plupart des pays asiatiques le savent et voudraient bien trouver une solution. Par conséquent, si certaines grandes puissances, comme la Russie - une puissance eurasiatique dotée d’importantes technologies - s’allie à la Chine et à l’Inde, comme cela se fait en ce moment, il suffit que les Etats-Unis s’engagent, en tant que partenaire, aux côtés de ces trois pays, ainsi d’autres, pour créer un bloc capable de changer le monde. On pourrait le faire du jour au lendemain. Le Président russe en a exprimé la volonté, et certains dans son entourage également. Nous pourrions établir un tel accord dès demain ! A condition d’avoir le bon gouvernement à Washington. C’est une option possible, disponible dès maintenant. Et le peuple américain, s’il en était au courant, serait partant lui aussi.

Notre boulot, c’est d’assurer qu’il soit mis au courant.

Le peuple et le gouvernement chinois comprennent la nécessité de coopération entre ces nations. Dans ces quatre pays, tous les patriotes intelligents la reconnaissent. Ils ne sont peut-être pas d’accord sur bien d’autres choses, mais ils sont d’accord là-dessus : cette combinaison de pouvoirs permettrait de détourner le monde de la guerre pour retrouver la voie de la diplomatie. Toute nation sensée préfère la diplomatie à la guerre.

Le problème, c’est que les gouvernements britannique et américain ne veulent pas la paix ! Ils ne veulent pas la diplomatie, mais la guerre. C’est ce que nous constatons depuis 2000.

Nous avons une occasion merveilleuse devant nous, née de la nécessité. Nous avons une option devant nous - la seule qui existe. Reste à savoir si nous sommes suffisamment raisonnables pour l’adopter. Y a-t-il suffisamment d’Américains sains d’esprit pour la soutenir ? Pourrons-nous briser les barrières au sommet des institutions, afin de répondre à cette volonté implicite de délibération qui couve parmi les 80 % de la population les moins favorisés ?

Dans toute l’histoire, les révolutions, et pas seulement les révolutions sanglantes, ont été accomplies par la génération de jeunes adultes de 18 à 25 ans, et au-delà, jusqu’à 35 ans. C’est la génération qu’on envoie à la guerre, n’est-ce pas ? C’est la génération qui produit les dirigeants qui succéderont, un jour, à ceux actuellement au pouvoir. C’est elle qui absorbe de nouvelles idées et les transmet aux générations suivantes. C’est elle qui introduit les réformes permettant à la société de progresser.

Comme vous le savez, chaque projet important dans le monde tend à être un investissement à long terme, et ce genre d’investissement a une durée de vie de 25 à 50 ans. C’est la génération plus jeune qui a la perspective d’investissements sur 50 ans, ou du moins 25 ans. Pour changer les conditions de vie d’une nation, c’est cette génération qui a l’élan, l’engagement et le dévouement pour l’assurer. Et les générations plus âgées se réjouissent de ce que font les jeunes gens parce qu’il en va du sens même de leur vie. La raison d’être de la vie d’une personne plus âgée, c’est d’avoir une génération suivante qui va donner un sens à ce qu’elle-même a fait, à ce qu’elle aura été.

La génération du baby boom, dans sa composante col blanc, a perdu ce sens. Ils ne croient pas en leurs propres enfants, ni en leurs ancêtres. Ils se croient déjà parfaits. C’est la « génération dorée » comme celle d’Athènes qui détruisit la Grèce antique, et la Grèce ne s’en est pas encore remise à ce jour. C’est cette « génération dorée » qui a provoqué la guerre du Péloponnèse.

Nous devons remplacer cette idéologie par l’idée de l’immortalité de l’être humain, dont la mortalité doit devenir immortalité à travers les générations précédentes et futures.

En cette période de crise, nous avons une chance d’éviter un nouvel âge des ténèbres. Le gouvernement américain doit répondre à ce que la Russie a proposé, et d’autres nations comme la Chine et l’Inde, pour engager des accords à long terme, intégrer d’autres nations dans ce partenariat et accomplir ce qui devrait être évident : revenir à la tradition qui, aux Etats-Unis, est associée à Franklin Roosevelt et coopérer avec d’autres nations sur cette base.

Par conséquent, nous avons besoin d’un nouveau Washington - avant 2009. Il faut commencer par se débarrasser de Cheney, le mettre à la retraite, à la campagne ou... dans un marais, s’il préfère. On doit changer le gouvernement de manière constitutionnelle, prendre les mesures d’urgence appropriées et reconnaître que le système financier et monétaire est en passe de s’effondrer. Que les gouvernements se mettent d’accord pour mettre le système financier en redressement judiciaire, en vue de le réorganiser. Ce processus doit nous permettre de sauver le crédit national et international, de lancer des projets à grande échelle afin de renverser la tendance actuelle à la décadence, et de partager avec d’autres pays la joie de participer à des intérêts communs, dans le développement mutuel, synonyme de sécurité pour nous tous, et pour les générations à venir. »


 



















20 février 2007
couverture médiatique de Jacques Cheminade en février



















7 mai 2007
Réaction de Jacques cheminade après l’élection présidentielle

 
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