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VII - L’éducation, nouvelle frontière de mon mouvement politique
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IX - Droit au travail et à l’emploi qualifié
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FORMATION PROFESSIONNELLE
Les insuffisances de notre formation professionnelle sont aujourd’hui criantes. En échouant à fournir une seconde chance, celle-ci, au lieu de pallier aux problèmes de l’Education nationale, contribue malheureusement à les aggraver. A) EVALUATION • Ce n’est pas un problème financier. La dépense pour la formation et l’apprentissage s’est élevée à 22,9 milliards d’euros en 2003, ce qui place la France au second rang des pays industrialisés. Ces 22,9 milliards représentent 1,47 % du produit intérieur brut et presque la moitié de la dépense de l’Education nationale pour l’enseignement scolaire. Les premiers financeurs sont l’Etat (42 %) et les entreprises (41 %), devant les régions (9 %), l’Unedic (5 %) et les ménages (3 %). Nous sommes le seul pays à avoir fait de la formation professionnelle une obligation légale, en exigeant que les entreprises de plus de 10 salariés y consacrent au moins 1,5 % de leur masse salariale et celles de moins de 10 salariés 0,25 %. Les entreprises vont au-delà de la norme légale et y consacrent en moyenne 3,5 % de la masse salariale, deux fois plus qu’à la fin des années 70. • Alors, quel est le problème ? C’est un terrible gâchis. Les bénéficiaires sont en nombre relativement limité : les 10 milliards d’euros consacrés chaque année par les entreprises à la formation (hors apprentissage) ne s’adressent qu’à 5 millions de personnes, avec des inégalités flagrantes selon le sexe, l’âge, les qualifications et la taille des entreprises. De plus, on ne donne pas à celui qui en a besoin : en 1995, le taux d’accès à la formation continue des ouvriers non qualifiés était de 14 % (et de seulement 10 % pour les femmes !), contre 43,2 % pour les cadres, et ce taux tombe à 2,5 % dans les entreprises de moins de 20 salariés et à 5,7 % dans celles de 20 à 50. Les plus âgés sont pénalisés, c’est pour eux que le taux d’accès est le plus bas, alors qu’ils sont sortis du système scolaire avec le moins de qualifications. En outre, la loi du 4 mai 2004, qui entérine l’Accord interprofessionnel du 20 septembre 2003, ne résout en rien l’opacité du système. Le marché de la formation est en effet très complexe, touffu et peu transparent. En tout, près de 10 000 organismes exercent une formation à titre principal en France, et plus de 25 000 autres en annexe à d’autres activités ! Ces organismes ne sont contrôlés que par 150 agents à l’échelle nationale, ce qui fait qu’en 2004, seulement 2 % des dépenses ont pu être contrôlées ! L’excès le plus connu et le plus toléré est le suivant : chaque branche de l’économie possède son organisme paritaire collecteur agréé (OPCA). L’OPCA choisit un centre ami, dans lequel une partie de l’argent versé pour payer les formateurs s’évaporera : on organise des stages fantômes ou on surfacture. L’argent ainsi détourné sert trop souvent à acheter la passivité des syndicats « officiels ». Il prend parfois la forme de liquidités, mais plus souvent de l’emploi de permanents fantômes travaillant en fait pour le syndicat. Le système profite à tout le monde et perdure donc sans trop de vagues ni de remous. • Tout cela est si confus et si biaisé qu’aucun acteur politique n’a de vision des moyens dont il dispose pour agir. Pour les gens qui ont un emploi, les donneurs d’ordre que sont les entreprises forment ceux dont elles ont besoin, c’est-à-dire qui sont déjà formés et qu’elle entend perfectionner. En ce qui concerne les demandeurs d’emploi, la tarification des Assedic étant plus faible, « la recherche sur l’évolution de l’offre est moins développée ». Bref, on manoeuvre plutôt à l’aveuglette et l’ANPE s’adresse à plus de 5000 structures de formation, ce qui n’améliore pas la visibilité du système. B) ASSURER UNE SECONDE CHANCE, Une réforme en profondeur s’impose :
Le droit à la formation doit devenir un droit universel reconnu à chacun et rendu exerçable. Ce nouveau droit serait adossé à la personne, donc transférable d’une entreprise à une autre. Il doit être inversement proportionnel au niveau de formation initiale. Diverses solutions sont actuellement examinées, parmi lesquelles j’inciterai à procéder de toute urgence à un choix :
Autant de pistes intéressantes, dont une au moins doit être suivie de toute urgence. Dans ce cadre, c’est le grand service public de l’emploi et de la formation à guichet unique, que nous préconisons, qui devrait définir les priorités des formations avec les entreprises elles-mêmes, avec la participation du salarié bénéficiaire, dont le « compte » financerait une rémunération et les coûts pédagogiques. Ce droit à la formation devra être bonifié par l’Etat pour les cas urgents :
Ainsi, dans un contexte de « veille » d’emplois assurée par l’Administration du Plan, et d’évaluation permanente du système de formation pour que les travailleurs les moins qualifiés ne soient plus les perdants, scolarisation et formation professionnelle pourront se renforcer mutuellement de façon positive et non, comme c’est le cas actuellement pour toutes deux, accentuer les inégalités de qualification. Il faut tordre le cou à l’échec scolaire à tout âge : dès le plus jeune âge (cf. Education : notre nouvelle frontière) comme pour les seniors, puisque le taux d’activité des Français entre 50 et 64 ans est l’un des plus bas de l’OCDE. La proposition du Parti socialiste d’offrir à tout salarié de plus de 45 ans un contrat de seconde chance comportant un bilan de compétences, une formation qualifiante adaptée à ses aspirations et aux besoins des entreprises, une valorisation de ses acquis professionnels ainsi qu’un congé de formation d’autant plus long que ses études auront été plus courtes, me paraît compléter l’effort à fournir. Les plus jeunes et les « vieux » de 45-50 à
65 ans sont la ressource laissée en jachère ou
injustement exclue dans notre pays. Il ne faut
plus le tolérer.
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VII - L’éducation, nouvelle frontière de mon mouvement politique
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IX - Droit au travail et à l’emploi qualifié
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