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VI - La recherche, notre horizon
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VIII - Formation professionelle
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L’EDUCATION,
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Mon mouvement politique est fondé sur un double engagement : faire face dans l’immédiat aux effets désastreux de la dislocation financière et monétaire internationale, en se battant pour un nouvel ordre économique au service des pouvoirs créateurs de l’homme, et développer ces pouvoirs dans le combat, en faisant revivre par les jeunes combattants les grands moments de découverte de l’histoire universelle.
Ceux-ci, remettant leurs pas dans ceux de leurs prédécesseurs qui créèrent, découvrent, dans la démarche même de leur création, le plus grand des bonheurs, celui de connaître et de faire partager à autrui sa connaissance - de prendre « le risque d’autrui » à la frontière de soi-même. Il ne s’agit donc pas d’apprendre des formules, de répéter après lui ce que dit l’enseignant ou de se faire plaisir en travaillant ou en expérimentant ensemble pour le plaisir d’expérimenter, mais, dans des groupes de 15 à 25 personnes, de redécouvrir dans le dialogue socratique des principes physiques universels, de revivre la démarche de ceux qui, hier, sont parvenus à faire cette découverte en ayant toujours présent à l’esprit ce que cette approche partagée de la connaissance nous donne comme responsabilité pour demain.
Ainsi se constituent des responsables, des « leaders » si l’on veut, qui ne se prennent pas pour une espèce supérieure, les membres initiés d’une secte, mais pour des êtres humains se juchant sur les épaules de géants du passé, avec un sentiment de vertige, et s’efforçant à tout moment de faire partager ce qu’ils voient, à en communiquer le bonheur.
Dans notre pays, tout particulièrement, qui est si affecté par une idéologie cartésienne réduisant l’être humain à un automate fonctionnel plus ou moins bien dressé, la question qui alors se pose est d’aller au-delà de l’apprentissage des choses, jusqu’aux causes qui les engendrent. Or ces causes ne sont pas inscrites dans un univers figé et objectif, mais dans le mouvement de la pensée qui explore et découvre. Cette pensée est elle-même associée, accompagnée, par les émotions les plus intenses qu’un être humain puisse éprouver.
C’est à ce point, que ne touche généralement pas l’enseignement français, surtout depuis les « réformes » de 1963 inspirées par l’OCDE, que se situe la source même de l’éducation : la formation des facultés sensibles qui constituent l’aspect émotionnel de la connaissance, l’éducation des émotions. Car si l’intelligible reste comme une chose en soi, sans être constamment nourri par le sensible, il se fige et devient dogme, puis instrument de pouvoir.
Le défi le plus grand que doit relever
notre mouvement, tout comme l’enseignant
français, est donc l’éducation des émotions
les plus profondes que puisse éprouver un
être humain, celles qui sont associées aux
grandes découvertes. Cela implique un
contexte social dans lequel pour ainsi dire
s’immerger, dans lequel nul n’est supérieur
à l’autre - et surtout pas l’enseignant par
rapport à l’enseigné - si ce n’est par sa
contribution au tout, son « mérite » de se
mettre au service d’autrui. Cela s’appelle,
en termes simples, la compassion, la passion
pour l’autre - l’autre de la connaissance à
venir et l’autre physiquement (ces « frères
humains qui après nous vivrez » de Villon)
sans laquelle l’éducation perd tout sens.
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Le défi est de rendre l’intime public. Car en se situant à ce niveau de découverte, dans l’émotion qui la porte, l’on révèle nécessairement le plus intime de son être, de son âme - laissant chacun lire ce qu’on pense.
L’éducation est, fondamentalement, de prendre ce risque : de faire des choses que l’on ne pensait pas faire au départ, de découvrir qu’on ne sait pas mais que la liberté est donnée à tous de savoir, par l’acte même qui inspire la découverte. L’éducation, en ce sens, est de se mettre à nu, de redécouvrir l’innocence originelle à la frontière des connaissances les plus avancées de l’esprit humain.
C’est là son paradoxe, et en quoi elle est toujours révolutionnaire.
Le préambule de la Constitution américaine de 1776 exprime que les droits inaliénables de l’homme sont « la vie, la liberté et la recherche du bonheur ». Cette affirmation, inspirée par le philosophe allemand Leibniz, repris par Franklin, va à l’encontre de ce que le philosophe anglais Locke aurait voulu voir inscrire : « la vie, la liberté et la propriété ».
du bonheur est l’attribut de l’esprit qui découvre et fait le bien" | |
La recherche du bonheur ainsi exprimée - opposée à la « propriété » — est l’attribut de l’esprit qui découvre et fait le bien. Or cette recherche passe par le plus intime de nousmême : la conscience. Cette conscience est celle de notre mortalité individuelle face à l’immortalité de l’âme, cette part de nous-mêmes accordée à l’autre, à l’univers, que nous découvrons en nous-mêmes en découvrant les lois et les principes de cet univers et en les donnant gratuitement en partage, sans retenue : l’éducation.
Ce principe d’immortalité est donc au fondement même de l’éducation, et en tant que tel, il ne peut demeurer une simple spéculation philosophique, mais devenir guide de conduite intérieure et extérieure. Sans ce « guide », la paralysie cartésienne est fatale : on est ce qu’on sent, on est ce qu’on pense, on est ce que Dieu, l’Etat ou la famille ont bien voulu régler en nous. On devient alors un automate plus ou moins policé, un singe savant habité par Dieu, l’Etat ou la famille. Le bonheur, tel que nous le concevons ici, devient alors impossible : l’automate sans référence autre que sa mécanique, son milieu, ne peut voir ce bonheur-là que comme une menace, la menace de concevoir une identité supérieure, plus belle et plus haute.
Cette peur du bonheur est ce que l’éducation permet de surmonter, en faisant du bonheur son sujet même. A travers elle, revit ainsi en nous notre part d’immortalité, ce par quoi nous participons à l’intention de ceux qui ont découvert dans le passé et ce que nous espérons pouvoir léguer aux générations à naître.
Notre mouvement de jeunes explore constamment cette éducation, par le chant choral et en faisant revivre le moment essentiel et émotionnel de la découverte de grands principes physiques universels.
choral, dans une grande oeuvre à caractère universel, offre à des êtres humains un moment où ils peuvent être pleinement leur part d’humanité" | |
Le chant choral, dans une grande oeuvre à caractère universel comme le motet « Jesu mein Freüde » de Jean- Sébastien Bach, offre à des êtres humains un moment où ils peuvent être pleinement leur part d’humanité, c’està- dire le niveau de vie sociale le plus élevé qui puisse être conçu. L’esprit humain, à travers le rapport de sa voix avec les autres voix, découvre qu’il n’est pas une chose en soi, mais un enrichissement de l’ensemble, que sa voix n’est plus la même avec les autres voix, qu’elle n’est pas seule, en ellemême. Par delà tout formalisme, l’esprit humain peut entendre un contrepoint de voix qui n’est pas un contrepoint de notes : le chant choral apparaît entre les notes, dans la plénitude de son exécution même, par delà la partition en soi.
Ce qui peut paraître parfois dissonance entre deux voix, par exemple, disparaît avec l’apparition d’une troisième, car la continuité du développement musical est exprimée par l’apparition de la « voix manquante », celle qui « manquait » dans l’exécution du chant.
Ainsi, ce type d’association humaine, dans lequel l’esprit « entend des idées », exclut par sa nature même toute tricherie avec le sentiment, parce que tricher s’y exprime sous forme de laideur insupportable. Elle incite donc à l’acte juste dans le domaine du politique ; même si le passage n’est en aucun cas mécanique entre le domaine esthétique et le domaine politique, le chant choral introduit, contre toute objectivité mathématique, une exigence de beauté partagée qui, plus que tout, inspire ce passage.
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Se remettre dans les pas de Kepler lorsqu’il découvrit le principe de gravitation universelle, dans une démarche associée au chant choral, permet de découvrir un autre paradoxe, rejoignant celui de sa voix dans le choeur des voix : le principe de gravitation universelle étant universel, c’est-à-dire partout présent dans l’univers, comment puis-je le découvrir ? Les formalistes et les empiristes ne peuvent répondre à cette question. Comme Claude Allègre l’admet honnêtement dans « La défaite de Platon », il ne peut comprendre pourquoi ce fut Kepler et non Galilée — malgré ses grands dons d’observation et son expertise de polisseur de lunettes - qui découvrit le principe de gravitation physique universelle... Notre mouvement de jeunes larouchistes s’est donné, lui, des moyens, dans son travail politique et intellectuel d’éducation du sentiment, de pouvoir comprendre. Car c’est dans l’infinitésimal - l’intervention d’une voix ou le mouvement non uniforme d’une planète perçu par l’homme - que s’exprime, que se révèle, par la mutation qui apparaît, la nature même de la composition harmonieuse, le principe physique universel sous-jacent.
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Ici se trouve, dans toute sa splendeur, l’aspect subjectif - émotionnel — de la connaissance. C’est ce que nous nous battons pour réinsérer dans les écoles, les collèges, les lycées et les universités, c’est ce qui appartient en puissance à tout être humain et en fait l’égal de tout autre. Par delà même les divers éléments de mon projet, c’est cette exigence fondamentale qui le sous-tend.
Notre mouvement de jeunes le représente au plus haut degré, potentiellement et par l’exemple de ses efforts, non pas modèle définitif qui serait par nature mort, mais oeuvre soi-développante. Bien plus que ce que j’écris ici, il est la forme vivante, pensante et en constant progrès de mon projet pour l’éducation.
Lyndon LaRouche et moi-même y voyons l’inspiration pour l’éducation du futur et nous efforçons, avec tous nos moyens, de le donner en héritage aux générations à naître - il est, au sens où nous l’avons dit, notre part d’immortalité.
Il est cependant aussi, ici et maintenant, non seulement force politique d’influence, mais surtout inspiration pour l’enseignant, plus par sa démarche même que par ses réalisations concrètes. Notre chorale répétant en public, reprenant des airs classiques pour y insérer des paroles politiques faisant rire des réputations usurpées, est le meilleur exemple de ce processus - de cet « en cours de découverte » mis à la portée de tous.
L’éducation devrait toujours être cela : le risque pris par l’enseignant, en revivant des principes connaissables par tous et aux yeux de tous, d’être dépassé par les enseignés. Et, plus que tout, aimer ce risque.
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politique : être dépassé par ceux qu’on inspire, pour que demain puisse être meilleur qu’aujourd’hui, ce qui est une question absolument subjective et révolutionnaire. | |
C’est aussi pour moi la définition du politique : être dépassé par ceux qu’on inspire, pour que demain puisse être meilleur qu’aujourd’hui, ce qui est une question absolument subjective.
C’est de cette approche, subjectivement révolutionnaire, non pour le plaisir de changer mais pour la joie de bâtir, que découlent les mesures plus spécifiques suivantes, chacune d’entre elles devant être comprise à partir de mon exigence générale dont elle est porteuse d’une part vivante - tout comme les créatures sont une partie du créateur, sans que chacune puisse être le créateur lui-même.
A) CONTENU
Le débat actuel sur l’enseignement ne s’attache que très rarement à son contenu ; or si l’on veut réellement parvenir à l’égalité des chances, il faut partir du contenu en offrant à chaque être humain ce par quoi il est potentiellement égal à tout autre, en éveillant en lui sa disposition à créer, à connaître et à comprendre les lois de l’univers où il vit, et à agir pour le bien commun en fonction de ce qu’il a créé, connu et compris.
Les points suivants sont essentiels :
l’enseignement étant fondé sur l’idée
même que le progrès de l’esprit humain
est possible, il faut donc d’abord enseigner
les grands moments de l’histoire où ce
progrès s’est manifesté ;
le but est de permettre à 100 % d’une
classe d’âge d’accéder à la fois à cette
culture générale de la découverte telle que
nous l’avons définie et de disposer d’un
passeport pour l’emploi ;
l’école maternelle doit être le tremplin
de notre réforme. Y apprendre le chant
choral dès le départ, accompagnant
l’apprentissage de la lecture et de
l’écriture, permettra de rompre avec le
dogme plat de l’apprentissage
de l’écrit, de la grammaire et de
l’arithmétique, en introduisant
le sensible à la source de
l’intelligible. Plus généralement,
au moins 20 % des crédits
réservés à la culture, qui
doivent être fortement
accrus, seront consacrés à
l’enseignement du chant, de la
musique et des arts plastiques
à l’école ;
l’astrophysique permettra de
regarder au-delà de la « banlieue
terre » et de comprendre
pourquoi et comment ont été
conçues les formules de la trigonométrie,
notamment en étudiant Kepler. En
même temps, l’histoire des sciences et
des techniques doit être intégrée dans la
formation de tous les élèves ;
la préhistoire et l’histoire ancienne,
enquête élargissant la mémoire et allant
aux sources, donnera dans le temps ce que
l’astrophysique apporte dans l’espace, la
combinaison des deux insérant d’emblée les
jeunes enfants comme éléments actifs dans
l’espace-temps physique du monde qu’ils
habitent ;
ce tronc commun de culture générale
doit être préservé et privilégié jusqu’en
classe de troisième, avec l’appui de
parcours scolaires différents : l’idéal est
celui de l’unité dans la diversité ;
pour soutenir cette orientation sociale
et sensible de la connaissance, le débat
philosophique doit être enseigné dès les
petites classes (9 à 15 ans),
avec des sujets simples :
« Qui suis-je ? quelles sont
les différences et qu’y a-t-il
de commun entre garçons et
filles ? qu’est-ce que vieillir,
qu’est-ce que connaître ? »,
etc. Cela apprend aux
enfants, renforçant les effets
du chant choral, à s’écouter
mutuellement et à développer
leur sensibilité « en trouvant
des mots pour dire » ;
deux heures d’instruction civique
hebdomadaire doivent être introduites
dans ce contexte, obligatoires du CM2 à
la seconde, pour communiquer les bases,
associées à la philosophie, d’une véritable
culture républicaine. Aujourd’hui, la
plupart des enseignants se cachent ou se
taisent lorsqu’on menace d’évoquer le
problème du sens de la vie et de l’action
publique, et trop
souvent ils dissimulent
aux élèves ce qu’ils
pensent ou ce qu’ils
croient. Il s’agit ici
de « libérer la parole
des maîtres », non
pour se livrer à une
ennuyeuse description
des institutions, mais
pour témoigner
sans complexes des
principes moraux qui
constituent notre bien
commun ;
dans ce contexte,
notre principe
républicain de laïcité
pourra devenir
« positif ». Il sera
renforcé et étendu
en l’enrichissant
dès l’école par la
confrontation sans prosélytisme des
traditions religieuses et humanistes. Non
par affrontement de dogmes stériles, mais
pour que chaque élève découvre en elles
ce qu’elles ont de commun en vue du bien :
dialogue des cultures, des civilisations,
des religions et des humanismes
permettant l’essor de nouvelles formes de
respect mutuel, comme dans le dialogue
philosophique, sans clôture identitaire ni
juxtaposition de communautés ;
l’enseignement de l’économie physique
montrera aux élèves que dans la réalité,
l’économie ne consiste pas à faire de l’argent,
mais à accroître les pouvoirs de l’homme sur
la nature grâce à la découverte, à la maîtrise
et à l’application de principes physiques
nouveaux, à lui permettre de connaître et
de « faire connaître » au-delà du connu.
Cette approche, opposée à celle de l’ultralibéralisme
et de l’écologisme « vert » —
c’est-à-dire opposant la nature à l’homme - ne pourra être suivie et comprise que si
elle s’insère dans le dispositif d’ensemble
ci-dessus. Prise en elle-même,
elle se réduirait à un « truc » à
apprendre, à une technique sans l’animation
du sentiment ;
l’enseignement d’une langue étrangère
dans le primaire doit s’inscrire dans le
projet d’ensemble de connaissance de l’autre
et de découverte de soi - à commencer par
celle de sa propre langue ;
est de faire parler croquant en remettant la langue de Rabelais et de Villon au poste de commande" | |
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justement, le français est devenu une
langue anémiée, émasculée par l’esprit
de Cour, la cartésianisme et la désolante
machine de répression politico-scolaire
qui les anime. C’est pourquoi, enfin, mon
projet est de faire « parler croquant » (cf.
Claude Duneton), en remettant la langue
de Rabelais et de Villon au poste de
commande contre la bourgeoisie langagière
et académique. Nous ne devons plus jamais
laisser des Céline marauder et braconner
aux frontières de notre langue. Nous devons
nous-mêmes lui redonner une vie parlée, la
couleur et la tonalité d’une langue musicale
vivante.
C’est la combinaison de ces matières qui pourra engager un changement de perspective dans notre enseignement. Bien entendu, tout ne pourra être fait en une fois, mais les principes ainsi établis deviendront source d’ardeurs nouvelles, même si c’est au départ de manière un peu confuse.
B) L’ACTION À ENTREPRENDRE
En conclusion, outre l’effort à consentir en faveurs des crèches, des jardins d’enfants éducatifs, des SEGPA et de l’encadrement des jeunes en difficulté, et l’organisation systématique de cours de rattrapage intensifs et de tutorats, il faudrait recruter très vite environ 5000 éducateurs. Le gros problème est de former du personnel expérimenté et motivé. Il faut donc entreprendre tout de suite un effort exceptionnel de formation dans ce domaine. Ce point me tient particulièrement à coeur, car il est déterminant pour la cohésion sociale de notre pays.
C) MUTATION DE L’ORGANISATION DES
LYCÉES, DES COLLÈGES
ET ÉTABLISSEMENTS
D’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE :
UNE RÉPUBLIQUE EN PETIT
Certains éléments de l’éducation en Finlande doivent ici servir de référence :
les chefs d’établissement doivent
disposer d’une très grande autonomie
d’initiative et d’innovation, à condition
que ce ne soit pas dans le cadre d’une
politique de contrainte financière, mais
d’épanouissement des moyens ;
ils doivent être le point d’ancrage
d’une équipe responsable associant
professeurs, parents et quelques grands
élèves. C’est cette équipe qui dialoguera
avec l’autorité académique pour établir le
profil personnel des nouveaux professeurs
en fonction du projet de l’établissement ;
les équipes pédagogiques doivent,
elles, échapper au contrôle des chefs
d’établissement, bien que se constituant
avec son accord, et être connues au moins
un mois avant la rentrée. Elles devraient dès
lors pouvoir organiser leurs horaires, avec
un temps de concertation d’au moins trois à
quatre heures dans la semaine, chaque élève
en difficulté ou difficile pouvant ainsi être
suivi individuellement, avec l’assistance des
médecins scolaires, infirmières et assistantes
sociales ;
C’est à ces équipes enseignantes qu’il
appartiendra de tracer les itinéraires
pédagogiques les mieux adaptés à chaque
milieu et à chaque classe, en examinant le
cas de chaque enfant, cependant que l’Etat
fixera les normes de compétence nationale.
L’établissement pourra ainsi devenir une République en petit, avec un enseignement plus ludique et moins formel, qui s’interrogerait constamment sur les résultats de sa pratique, au lieu d’appliquer des instructions ou des formules :
le « parlement » de
l’école sera constitué par les
enseignants au sein du conseil
d’administration et les équipes
parents-enseignants-élèves.
Le chef d’établissement,
l’exécutif responsabilisé par
l’autonomie, devra prendre
obligatoirement son avis et
dialoguer constamment avec
lui ;
les élèves devraient être
intégrés dans une prise de
responsabilité collective et
leurs parents sensibilisés aux
enjeux de l’éducation ;
il faudra créer une
véritable école des parents
qui permette d’assurer
pleinement avec eux, surtout s’ils sont
peu intégrés dans la société ou intégrés de
fraîche date, une mission de co-éducation.
L’académie de Lille, où des écoles ont
monté des programmes offrant aux parents
une alphabétisation dans la même école
que leurs enfants, est, dans ce domaine,
exemplaire ;
l’architecture des lieux scolaires doit être
discutée au sein d’une concertation réunissant
chefs d’établissement, représentants
d’élèves, parents, élus et enseignants. Le
but est de disposer d’un établissement
digne, dont on puisse être fier. Au sein de
cet établissement, les élèves devront pouvoir
occuper une classe unique sans se déplacer,
dont ils seront responsables. Des bureaux
d’accueil (individuels) devront être prévus
pour que les enseignants puissent y
recevoir (et non dans la salle de classe ou
le café) les élèves et les familles. Dans
ces conditions nouvelles, les enseignants
ne rechigneront pas à assurer une présence
horaire plus longue dans chaque lycée
ou collège, pour recevoir les familles ou
les élèves en difficulté, ou travailler dans
un milieu professionnel rendu agréable,
(pourquoi pas des centres de documentation
sur la vie scolaire, des cafés-bars et des
salles de repos, comme en Finlande ?)
enfin, dans cette approche, chaque lycée
doit pouvoir disposer de « sa » chorale, de
« sa » troupe de théâtre, de « son » petit
musée, de « sa » rédaction et de « son »
imprimerie. Ainsi, à un lieu anonyme,
ennuyeux et interchangeable se substituera
un véritable « cadre de vie » ouvert sur
l’extérieur.
Les expériences de Jean-Luc Muracciole (Reims) et du collège Pierrelée (Ronceray, académie du Mans) montrent qu’avec des enseignants volontaires, prêts à jouer un rôle pionnier et libres de le faire, expérimentant un retour à « l’esprit d’hypothèse et de découverte » dans la philosophie et dans les sciences, et une attention personnelle à chaque cas d’élève, le problème du prolongement du temps de travail des enseignants à l’école ne se pose plus. Conscients de leur mérite et de leur liberté, aimés de leurs élèves, ils restent à l’école par plaisir.
Autrement, en général, l’on pourrait prévoir qu’au lieu des 36 heures actuellement exigées, sous forme de 18 heures de cours dans l’établissement et 18 heures de travail chez soi tenant compte des préparations et des corrections, l’on divise ces 36 heures en 15 heures de cours, 15 heures de préparation et de correction, ce qui laisse 6 heures de présence dans l’établissement pour travailler en équipe pédagogique et recevoir élèves et parents. Le problème n’est d’ailleurs pas le temps, mais l’estime et la liberté à accorder aux enseignants, fondement de tout attachement à un lieu de travail.
Ce que nous venons d’exprimer suppose bien entendu un droit d’expérimentation reconnu à plus de projets que ce n’est actuellement le cas (une quinzaine).
D) UNIVERSITÉ
La priorité absolue est de remettre
les universités à niveau. La collectivité
nationale, qui consacre annuellement 13 700
euros à l’élève des classes préparatoires aux
grandes écoles, ne verse que 6700 euros
par étudiant à l’université. Ce scandale
doit cesser. L’on doit arriver à une parité
absolue de traitement en moins de dix ans. A
cet effet, avec mon ministre de l’Education
nationale, j’organiserai un vrai Grenelle
de l’enseignement supérieur.
Il est ensuite impératif de donner
aux étudiants des premiers cycles
universitaires un encadrement
comparable à celui qui existe dans les
classes préparatoires ou les IUT. Un
semestre de transition doit être ainsi prévu
entre le lycée et l’enseignement
supérieur, avec des modules
de méthodologie, de soutien
et de définition du projet
professionnel. Les étudiants
recevront une formation, à
l’aide d’exemples vivants,
sur la façon de traiter une
question donnée, de prendre
des notes, de s’exprimer en
public, d’organiser un dossier,
d’exploiter les données
des bibliographies et des
bibliothèques. Ce tutorat
universitaire devrait, avant que
mes réformes des cycles du
primaire et du secondaire ne
portent leurs fruits, permettre
de « rattraper » l’absence de
maîtrise de l’expression écrite
ou orale des étudiants.
En même temps, je
demanderai d’organiser une campagne
systématique d’information qui indique
aux étudiants les chances réelles de
débouchés dans les disciplines qu’ils vont
choisir. Chaque étudiant doit recevoir des
informations précises sur les métiers et les
perspectives d’emploi auxquels mène la
formation qu’il veut suivre, et motive son
choix.
Des passerelles doivent être créées
entre filières et niveaux de formation,
notamment entre filières générales et
professionnelles.
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Une culture de la réflexion scientifique
doit être réintroduite partout (la culture
« humboldtienne » de l’université allemande
du XIXème siècle) et la division entre
« scientifiques » et « littéraires » doit
être arrêtée. L’un de mes engagements est
de mener un combat contre ce dualisme
cartésien, en réintroduisant l’enseignement
sur l’histoire des découvertes scientifiques
et les débats philosophiques qui les ont
accompagnées, dans un contexte vivant et
polémique.
Enfin, les universités françaises sont
aujourd’hui asservies par des règles
tatillonnes de comptabilité publique. La
solution est de supprimer toute tutelle
a priori du ministère de l’Economie et
des Finances, en renforçant les contrôles
a posteriori. L’idée que je défends est
de conférer aux universités, par un texte
législatif, une autonomie inspirée par le
modèle de la loi de 1982 sur les collectivités
territoriales. Les grades seront conférés par
les universités, tout comme aujourd’hui,
dans le cadre de normes nationales fixées
par l’Etat, la régulation du dispositif étant
assurée par les pouvoirs de contrôle a
posteriori du recteur.
La responsabilisation découlant de l’autonomie permettra un mode de fonctionnement plus satisfaisant du mode de gouvernement interne des universités (stabilité d’un exécutif, le « président », entouré d’une communauté professorale et étudiante, le « parlement »). Cette responsabilisation permettra d’associer tout le tissu des universités à la réflexion sur leur avenir autrement que formellement, comme c’est le cas actuellement, où la politique universitaire reste largement le fruit des cogitations de cabinets ministériels ou bureaucratiques.
E) GRANDES ÉCOLES
Le problème le plus fondamental n’est pas ici le concours mandarinal, mais le contenu des concours et la conception du diplôme-rente acceptée avec la complicité quasi unanime de nos élites... issues des grandes écoles !
Que faire ? Mettre fin à la rente d’une caste. Comment ? En combattant une noblesse de robe qui s’est platement résignée devant « les lois du marché », pratiquant le respect religieux de l’argent sous toutes ses formes et méprisant le social, mais restant organisée dans le but de défendre ses privilèges. Avec quelles armes ? La propagation d’une méthode créatrice à chaque niveau des enseignements. Car supprimer d’un trait les grandes écoles ou les intégrer immédiatement au sein de l’université satisferait certes le ressentiment qui nous pouvons avoir contre elles, mais aggraverait le problème de notre enseignement en y introduisant un chaos contre-productif.
Il faut former un autre type d’homme, qui ne soit ni un grand prêtre de la science ni une star du traitement de dossiers, mais un être humain sensible aux solidarités sociales et aimant créer, contre l’injustice ou l’ennui du système dominant.
A l’ENA, par exemple, le coeur de notre système administratif, il faudra s’inspirer du projet d’école spéciale des services publics qu’Hippolyte Carnot élabora en 1848, lorsqu’il était ministre de l’Education publique. Son Ecole d’administration devait avoir des bases « analogues à celle de l’Ecole polytechnique » des origines, celle de Carnot, Monge, Fourcroy et Prieur de la Côte d’Or. Le programme de cette école prévoyait bien entendu des cours sur les techniques de gestion de l’Etat dans tous les domaines mais étayés par une « méthode générale », l’épistémologie des sciences dans leurs conceptions les plus avancées de l’époque. A cet effet, une décision ministérielle mentionnait l’enseignement de la physique, de la géométrie descriptive et du calcul infinitésimal pour tous les élèves de l’école.
C’est au niveau de ces contenus, dans ce qu’ils ont de plus créateur, de plus proche de l’esprit de découverte, contre tout esprit bureaucratique, que l’intégration des grandes écoles dans les universités doit se faire progressivement, dans un esprit de « nouvelle frontière » qui est celui de l’ensemble de notre projet éducatif - et qui était aussi celui qui inspira après guerre le plan Langevin-Wallon.
Le point fondamental ici est qu’il ne peut y avoir de règles, administratives ou mathématiques, valables en tous temps et tous lieux, pour tout phénomène physique ou humain donné, mais qu’au contraire, une mathématique nouvelle doit être toujours créée pour rendre compte d’un phénomène d’un ordre qualitatif supérieur. La capacité créatrice de l’esprit humain est de produire ses mathématiques nouvelles, de « connaître au-delà du connu » en créant des instruments de mesure nouveaux.
L’on ne peut fonder la sélection d’hommes de science créateurs sur la simple base de mathématiques existantes, finies - le premier qui voit poindre le grand prêtre polytechnicien reçoit une prime. En effet, pour aussi intéressantes que soient leurs constructions, il s’agit toujours du mode fini d’Augustin Cauchy. De même, on ne peut recruter des administrateurs-créateurs sur la base de techniques de gestion elles-mêmes existantes et finies.
Là est le problème des « castes » issues des grandes écoles et des « prépas ». Je m’engage au contraire à ce que la méthode créatrice elle-même - la capacité d’engendrer des idées et des technologies nouvelles, la capacité de rupture créatrice - devienne l’objet de l’enseignant pour produire des hommes psychologiquement et moralement relativement invulnérables dans la défense de l’intérêt général.
L’obsession du rang de sortie et l’écart entre carrières futures correspondant à ce rang est une aberration supplémentaire de notre système. En accord avec la méthode créatrice, qui par essence est sociale, elle suppose, pour connaître, un savoir partagé ; un ordre d’éducation mutuelle doit être substitué à l’obsession constante du classement.
Le principe à introduire, en outre, dans tout l’enseignement français, est celui d’une seconde et d’une troisième ou quatrième chance, découlant de la formation et de l’échange social continu, contre les « paroles gelées » d’un système de castes.
F) OUVERTURE SUR LES ENTREPRISES ET LES ADMINISTRATIONS
L’éducation nationale doit s’ouvrir davantage, à tous les degrés, à la pratique de stages professionnels, organisés à partir d’un véritable statut du stagiaire. Il est en effet souhaitable que tous les étudiants d’université effectuent un stage long dans une entreprise ou une administration. Non pas seulement parce que ces stages accroissent les chances d’embauche pour les stagiaires, mais aussi parce que la pratique, même provisoire, d’un métier recèle une valeur formatrice que l’école et l’université ne peuvent apporter de la même manière. Le stagiaire apprend à gérer des relations de travail avec une équipe, des collègues, un chef et avec son propre temps : une autre forme de socialisation nécessaire à un âge qui ne soit pas trop avancé.
Je suis aussi favorable à ce qu’on aille
plus loin dans le partenariat universitéentreprise
:
l’offre de moyens aux professeurs du
secondaire et d’université pour passer
un an dans une entreprise tous les sept
à dix ans. La priorité absolue est de leur
faire connaître les PME-PMI créatrices
d’emplois : familiarisés avec leur vie
quotidienne, ils pourront mieux y préparer
leurs élèves et étudiants ;
la création d’un vrai statut d’élève
stagiaire ou apprenti, assurant dans tous
les cas une rémunération.
G) OUVERTURE SUR LA FORMATION
L’école doit assumer une nouvelle mission de formation, qui porte sur tout le cours d’une existence. De toutes nos institutions, elle est la mieux placée pour y parvenir parce que par sa nature même, elle doit « voir long ».
Cette mission suppose un renouvellement des méthodes pédagogiques (cf. ci-dessus) et une présence d’adultes-enseignés à l’école : je suis convaincu que c’est une révolution indispensable, qui remettra en cause les divisions formelles par âge et leur substituera un critère de connaissances à acquérir.
La concurrence mondiale qui se développe autour de l’accès aux connaissances impose aujourd’hui de faire vite, mais ce n’est pas la raison principale de l’urgence. Il faut s’orienter vers les savoirs « à la frontière », avec les moyens financiers et humains pour les promouvoir, car c’est de leur compréhension et de leur partage que dépend le futur d’une humanité devenue un seul équipage sur un même bateau.
Il est évident que les programmes européens d’échanges d’étudiants et d’élèves devront, dans ce contexte, passer à une phase sans précédent : au moins un million dans les programmes Erasmus (contre 170 000 à présent), 200 000 dans les programmes Leonardo (contre à peine plus de 50 000 à présent).
H) NÉCESSITÉ D’UNE BONNE ÉVALUATION
Le changement radical de « culture » et le changement des priorités que je propose pour l’Education exige, pour réussir, la mise en place d’une bonne évaluation, au départ et en cours de route.
Dans les établissements, il conviendra de revigorer et de réorienter l’Inspection générale de l’Education nationale. Un changement total d’esprit est ici nécessaire. A un contrôle défensif trop souvent exercé à partir de préjugés doit se substituer une immersion dans le milieu enseignant pour évaluer les pratiques au plus près et en même temps détecter et diffuser les innovations (droit d’expérimentation) dignes d’être généralisées.
Dans l’université, la notion même d’évaluation interne est rejetée. Ici aussi, un changement d’attitude est nécessaire :
évaluation des activités au sein de
l’université même, en particulier des
formations de deuxième et de troisième
cycles, afin qu’elles soient en mesure de
devenir partenaires actives d’universités
étrangères et d’entreprises, faisant ainsi
passer un souffle d’air frais sur un corps un
peu anémié ;
évaluation des universitaires et
chercheurs en fonction de leur enseignement
et de ses résultats, non de
l’opinion des « grands patrons »
de l’institution (pour les
avancements de carrière) et de
celle des impératifs immédiats
des entreprises (pour les contrats
externes permettant d’obtenir
des rémunérations annexes).
I) REVALORISATION DE LA FONCTION ENSEIGNANTE
A la société actuelle, dans laquelle les figures dominantes sont le banquier, le publicitaire et l’homme médiatique, mon projet veut substituer, face au défi humain à relever, une société inspirée par l’éducateur, le chercheur et l’entrepreneur.
une société inspirée par l’éducateur, le chercheur et l’entrepreneur" | |
La revalorisation de la fonction enseignante est, dans ce contexte, doublement indispensable : d’abord pour la dynamique de notre société, ensuite pour la mobilisation des enseignants en faveur de la réforme. Il ne faut pas mendier auprès d’eux leur soutien, mais il ne faut en aucun cas les rejeter ; il faut évoquer en eux le meilleur de ce qui les a portés à enseigner, hors de tout corporatisme, et les responsabiliser pour inspirer l’esprit de changement.
La priorité est aussi de redonner confiance en accompagnant les enseignants et les établissements qui prennent des initiatives et en faisant connaître leurs efforts aux gens. L’on utilisera à cet effet, pour soutenir ces efforts, la chaîne de télévision publique indépendante de recettes publicitaires que je préconise.
A l’image du professeur « en difficulté », parfois déprimé, aigri ou mal-aimé, se substituera alors celle du bâtisseur de futur, c’est-à-dire de celui qui garantit la qualité des générations à venir. La progression du pouvoir d’achat de ces enseignants doit être assurée dignement (au moins 2000 euros par mois pour tout instituteur dès sa titularisation) et en contrepartie de cette progression et du normal enthousiasme qu’engendrera la réforme, leur présence à l’école (accroissement des heures de tutorat, d’aide aux élèves en difficulté, d’entretien avec les parents, de fonctionnement des équipes pédagogiques) pourra être plus longue et plus constante.
J) CONCLUSION
Actuellement, 160 000 élèves quittent chaque année l’école sans aucun diplôme du second cycle (BEP, CAP ou baccalauréat), 100 000 quittent l’enseignement supérieur sans diplôme et 100 000 autres avec un diplôme ne correspondant pas à « des qualifications reconnues par le marché du travail ». Enfin, au sommet de la pyramide surtout, les élèves disposant d’un diplôme deviennent administrateurs ou financiers dans un système de castes, ayant perdu tout esprit réellement créateur dès leur obtention, un peu avant ou un peu après.
Je ne peux pas supporter que la majorité des jeunes soit devenue la variable d’ajustement du marché du travail et que l’élite de l’élite soit socialement privilégiée et mentalement émasculée.
C’est dans ce contexte que le gouvernement rabote les crédits pédagogiques, supprime les travaux personnels encadrés en classe terminale, veut organiser un tri de jeunes délinquants et adapter nos grandes écoles et nos universités encore davantage à l’esprit des marchés financiers et aux exigences de l’oligarchie rentière.
Mon projet est donc, par rapport à ce
désastre qu’on a peu à peu laissé s’installer,
un projet de rupture. La croyance en
l’éducation, c’est-à-dire en la perfectibilité
de l’esprit humain, en ce que demain pourra
être meilleur qu’aujourd’hui, est le plus bel
héritage que nous ont laissé, pendant la
Révolution française, ceux qui savaient avoir
perdu la bataille politique mais entendaient
gagner celle des idées. Donnons-leur raison,
donnons raison à Gaspard Monge lorsqu’il
entraînait ses élèves dans des promenadesdécouvertes
au cours desquelles, pris par
l’attention à ce que leur ami leur faisait
connaître, ils en oubliaient jusqu’à la
présence d’un ruisseau dans lequel ils
entraient sans l’avoir perçu. Donnons donc
raison à cet esprit d’enthousiasme, à ce que
les Grecs nommaient le « dieu intérieur », et
nous gagnerons une fois de plus la bataille
des générations à naître.
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