V - Physique nucléaire et création de ressources nouvelles



















VII - L’éducation, nouvelle frontière de mon mouvement politique

 


























 


























 

























LA RECHERCHE, NOTRE HORIZON

 
 

La recherche doit être le fer de lance de la politique « aux frontières de la science » que je défends. Cependant, en France, elle est insuffisamment financée, trop centrée sur le court terme et les chercheurs - tout particulièrement les jeunes chercheurs - sont beaucoup trop mal rémunérés.

La recherche ne joue donc pas le rôle de vecteur de l’économie. Pour qu’elle le devienne, je préconise les orientations suivantes :

1) Le budget de la recherche ne doit pas augmenter de seulement 27 % entre 2004 et 2010, mais de 40 % pour atteindre l’objectif de plus de 3 % du PIB.

2) L’Agence nationale de la recherche (ANR), qui a désormais le quasi-monopole du financement de toute recherche en France, ne doit plus être pilotée par le ministère avec une vision de rentabilité à court terme, sous la pression des lobbies politiques et industriels. Il faut que la recherche fondamentale reprenne le poste de commande et que l’ANR dispose d’un conseil scientifique pour définir les programmes et évaluer les projets.

3) Le CNRS ne doit pas être démantelé mais rajeuni et musclé. En effet, c’est lui qui a permis l’émergence de thématiques nouvelles qui supposent de plus en plus des interactions fortes entre disciplines. Le statut de ses personnels offre des possibilités d’investissement dans les travaux de long terme qui en font l’un des rares pôles d’attraction du système français, comme le prouve le grand nombre d’étrangers candidats au recrutement, malgré les salaires médiocres.

C’est pourquoi je m’oppose au plan suivant lequel l’essentiel de la biologie passerait à l’Inserm, le reste à l’INRA et les sciences humaines iraient dans les 84 universités. A la place du CNRS, on aurait un institut des sciences « dures  ». Je m’oppose à cette approche, qui conduirait à détruire le régime pluridisciplinaire de l’organisme. Les moyens matériels (contrôlés par l’ANR) et les moyens humains (postes de chercheurs, enseignants- chercheurs et ingénieurs) ne pourraient pas être mis en cohérence. La tentation politique serait alors grande de précariser encore davantage les personnels.

4) Cependant, les agents du CNRS sont des « chercheurs à vie » qui, compte-tenu de la diminution des recrutements depuis 20 à 30 ans, sont parmi les plus âgés du monde : leur âge moyen est de 47 ans !

Bien peu de jeunes sont, dans ces conditions, en mesure de devenir scientifiquement autonomes tôt dans leur vie, aux environs de 28-35 ans, au moment où leur potentiel d’innovation et leur ambition n’ont pas encore été broyés par le système.

Le risque, que nous avons vu, est que la « loi du marché » démantèle cet appareil vieilli en ne lui substituant qu’une perspective de résultats exploitables à court terme - selon l’orientation de l’ANR - à l’opposé de l’esprit même de la recherche.

Pour éviter ce risque, au lieu de nommer des « chercheurs à vie », l’on doit les affecter à des projets précis et exiger d’eux qu’ils produisent des rapports d’activité tous les cinq ans. L’évaluation de ces chercheurs ne doit plus être le fait de « sommités » dominant des sections particulières, mais de groupes de réflexion à compétence plus générale et à orientation pluridisciplinaire, sur la base du rapport d’activité et d’un entretien exhaustif avec le chercheur et ses collaborateurs. L’idée est de responsabiliser une équipe en vue d’un projet, et non de décider de l’avancement d’un homme en raison d’une notoriété trop souvent acquise par cooptation.

  
La recherche doit être plus étroitement associée à l’enseignement, car c’est son horizon naturel.
 

5) La recherche doit être plus étroitement associée à l’enseignement, car c’est son horizon naturel. Le CNRS réformé devra ainsi être intégré dans le monde universitaire, lui-même responsabilisé par son autonomie. Le résultat auquel on doit parvenir est qu’à tout moment un professeur d’université ou de l’enseignement secondaire puisse devenir chercheur, sans recul de pouvoir d’achat ou de situation administrative, et qu’à l’inverse, les chercheurs puissent se consacrer à l’enseignement, en faisant bénéficier les élites et les étudiants de leur « esprit d’hypothèse ».

6) Le lien CNRS-universités-entreprises devra être établi dans un ensemble au sein duquel chacun joue son rôle : ni « domaine réservé », ni empiètement sur celui de l’autre. L’ensemble universités-CNRS sera centré sur la recherche fondamentale, et les entreprises sur la recherche appliquée. Le pont entre les deux sera d’abord assuré par les étudiants, qui sont le meilleur vecteur du transfert de technologie : dès leur entrée dans la vie active, ils sont en mesure d’appliquer les découvertes, effectuées en équipe avec les enseignants, dans les entreprises qu’ils rejoignent. C’est pour cela qu’il est si nécessaire d’associer universités et CNRS dans un ensemble « recherche fondamentale », impliquant l’esprit critique des étudiants et « pariant » sur leurs applications des découvertes en entreprise après (ou pendant) leurs études.

Les professeurs d’université et les chercheurs du CNRS pourront se voir accorder, par ailleurs, la possibilité d’intervenir une journée par semaine comme consultants

dans les entreprises : ce sera le second pont. L’ouverture vers l’extérieur pourra être complétée par la possibilité de prendre un ou deux ans de congé sabbatique tous les dix ans, soit pour étudier dans des domaines complémentaires du leur, soit pour travailler dans une entreprise.

7) La situation des jeunes chercheurs est désastreuse. Les doctorants (thésards, encore étudiants mais déjà chercheurs) est aussi mauvaise que celle des post-doctorants.

Ainsi, un jeune chercheur qui, obtenant enfin un poste à bac +10 après des études supérieures, une thèse qui dure trois ou quatre ans ou plus et des séjours post-doctoraux, se voit offrir un salaire net de l’ordre de 1800 euros, qui ne lui permet plus de louer un appartement à Paris.

Je considère qu’une forte hausse, au moins de 30 %, de ces salaires est nécessaire. En effet, en France, la somme allouée par chercheur est inférieure de 30 % aux normes internationales et cela se ressent partout : dans les rémunérations, les conditions de travail, les moyens…

Mieux rémunérer les bons chercheurs et leur donner des crédits suffisants permettrait de recruter massivement dans un vivier de jeunes qui aujourd’hui n’ont pas de débouchés. En amont, cela permettrait de stimuler les inscriptions en fac de sciences. Il y a urgence : en 1995, 68 000 nouveaux bacheliers y étaient inscrits, contre 43 000 en 2005. Certes, Jacques Chirac avait promis de créer 3000 postes en 2006, mais la promesse n’a pas été tenue pour moitié. C’est une situation que je me propose de rétablir.

8) Enfin, notre réseau d’établissements et de lycées français à l’étranger (environ 410), en coordination avec nos attachés et conseillers scientifiques, devra systématiquement détecter à l’étranger les élèves, les étudiants et les futurs chercheurs susceptibles d’apporter en France un « air du large » et des compétences nécessaires à la stimulation de notre dispositif.

9) La recherche pourra ainsi reposer sur un dispositif d’éducation motivant, et l’éducation être constamment défiée et enrichie par la recherche. C’est cette intégration qui permettra de donner sa base à une société fondée sur le projet et la mission, à la frontière du savoir et de sa communication au plus grand nombre, et non sur la gestion d’un acquis, condamnant fatalement à la routine, à la soumission et aux inégalités sociales. C’est là le sens de mon projet.




















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