REDEVENONS CITOYENS !
UN PROJET MOBILISATEUR CONTRE LE FASCISME FINANCIER
Vous pouvez écouter le discours de Jacques Cheminade et les questions/réponses :
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Vous pouvez regarder la vidéo des questions/réponses avec Jacques Cheminade
C’est à plus de cent quarante personnes - militants, contacts proches, délégués d’associations, Français décidés à se battre pour un monde plus juste - que Jacques Cheminade s’est adressé pour lancer sa campagne présidentielle. Il a d’emblée jeté le défi à son auditoire : « Je suis venu vous parler de ma campagne, c’est-à-dire de votre responsabilité à un moment décisif de notre histoire. Le premier but de ma candidature est de susciter en vous cette responsabilité pour que nous redevenions citoyens. » Le défi à relever Ne vous attendez pas à recevoir un « catalogue de la Redoute » politique lorsque vous venez à un meeting présidentiel de Jacques Cheminade. Face aux trois défis majeurs qui sont devant nous et qui détermineront l’issue de l’élection - la phase terminale de la crise financière et monétaire internationale, la politique de la synarchie financière anglo-américaine qui porte en elle la guerre comme la nuée porte l’orage, et le défi à la santé publique que constitue la grippe aviaire - il a en effet proposé une « conception d’ensemble », un « engagement à prendre ». Là où une liste de choses nous détournerait du défi à relever, il a présenté un « projet mobilisateur » en refusant de répondre aux questions une à une, telles qu’elles sont posées dans la presse ou évoquées par cette « machine à émotions » qu’est la télévision. « On ne peut pas vendre un programme présidentiel par compartiments dans un moment de crise tel celui que nous vivons (…) La crise que nous vivons n’est pas passagère, c’est une crise globale face à laquelle un régime politique et un système sont à l’agonie (…) Si le Titanic coule ou risque de couler, allez-vous demander le menu du lendemain ? »
L’incapacité du gouvernement à anticiper face au chikungunya et à la grippe aviaire est un signe grave de la maladie du court terme répandue dans notre société. Au lieu de prévoir, on extrapole. Là où le H5N1 prend de l’ampleur et risque d’emporter cent millions de vies, les élus français sont comme paralysés, puisque « contrairement au virus, ils sont incapables de muter ». Ils mesurent les choses au « cas par cas », « d’après leur effets », là où il faudrait « prendre la responsabilité de déterminer les causes » et d’agir sur « ce qui aura un effet dans dix à cinquante ans ». Cette manière de penser des baby-boomers qui accaparent aujourd’hui le pouvoir est, pour Jacques Cheminade, « ce contre quoi ma mission est de lutter ». C’est une désagrégation culturelle qui est la cause de l’autodestruction de notre économie depuis plus de trente ans. Mai 68 a précédé le découplage de l’or et du dollar et a détourné une société de production vers la consommation et le refuge dans une « famille cocon ». Toute une génération a perdu sa moralité politique dans des services commerciaux et financiers de plus en plus découplés de l’économie productive.
« Redevenons citoyens », le slogan de la réunion, a alors commencé à prendre sens. Il s’agit de « redonner au gens leur estime de soi pour qu’ils soient capables de combattre pour le projet mobilisateur qui est de leur intérêt ».
En s’opposant à l’enrichissement de l’uranium par Téhéran, la France « est tout à fait opposée au principe d’indépendance des peuples et d’autodétermination de Charles de Gaulle ». Elle voit petit. La position de Philippe Douste-Blazy « s’inscrit dans le droit fil des dernières déclarations de Condoleeza Rice », la secrétaire d’Etat américaine. Maurice Gourdault-Montagne, le conseiller diplomatique de Jacques Chirac, rencontre tous les mois Stephen Hadley, l’adjoint de Rice, et c’est ainsi qu’une politique de soumission s’est insinuée. Jacques Cheminade reste, quant à lui, intransigeant face à l’inadmissible, c’est-à-dire « la logique de Carl Schmitt et de son supérieur hiérarchique Adolf Hitler, devenue la doctrine de la Maison-Blanche ». Il a appelé la France à « intervenir dans la politique américaine pour soutenir le combat de Lyndon LaRouche, au lieu de passer des compromis dégradants avec les Cheney, Rice, Rumsfeld et Bush ».
« Les gouvernements du monde ne sont plus réellement des gouvernements, mais la face émergée de réseau de financiers prédateurs avec leur composante militaire. Nous n’avons plus de gouvernement, en ce sens, et c’est notre occasion d’en rétablir un nous-mêmes en redevenant citoyens ». Jacques Cheminade a qualifié les élites de notre pays de « domestiques » pour le compte des représentants français de la synarchie internationale, comme Claude Bébéar, Michel Pébereau et Antoine Bernheim. Face à cela, il a appelé à une politique de rupture avec la financiarisation de l’économie en cours depuis plus de trente ans, une rupture qui n’est évidemment pas celle de Nicolas Sarkozy. Celui-ci parcourt en effet les allées des partis en place depuis l’âge de 16 ans et fréquente même à ses heures les représentants du capitalisme financier, jusqu’à parader en smoking au scandaleux mariage de la fille du prédateur Bernard Arnault, tout en appelant sur le site de propagande de l’UMP aux valeurs du « travail » et du « mérite ». Tirant prétexte des erreurs dont il a été lui-même responsable ou complice, il propose un « retour à l’ordre » et une « présidence forte », à l’image de ses amis néo-conservateurs américains.
C’est sans doute parce qu’il dénonce le naufrage de ceux qui se croient encore une élite que « l’énarque dissident » Cheminade est rejeté par le petit monde politique parisien. Il se refuse à considérer la politique comme définie par un jeu « droite-gauche » devenu un jeu de dupes. « La gauche est d’ailleurs devenue une auxiliaire de la droite, à laquelle elle apporte des sparadraps sociaux, alors que la droite a, elle, perdu tout sens de ce qu’est un Etat-nation pour se jeter dans les bras d’un mondialisme sans coeur ni justice. » Jacques Cheminade a cité Jean Jaurès, pour qui « le courage c’est de chercher la vérité et de le dire, c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho contre son âme aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ».
La « rupture » doit être une rupture avec l’injustice sociale que nous subissons depuis plus de trente ans et qui aujourd’hui s’aggrave brutalement : baisse du pouvoir d’achat des salaires, hausse des inégalités sociales depuis 1983, révélée par le baromètre des inégalités et de la pauvreté (BIPE), écarts de salaires passant de 40 à 400 au cours de la même période, CPE, CNE et précarité « légalisée », extension de l’intérim, 36 à 43 heures effectuées mais payées 35, désastre d’Outreau et des prisons, Europe réduite à une affaire de banquiers sans scrupules sociaux ou économiques… Comme en France, où le commissariat au Plan et la Mission interministérielle sur les mutations économiques (MIME) ont été supprimés, les autres gouvernements du monde se crèvent leurs propres yeux pour ne pas voir. Les gens en place, les responsables, les baby-boomers, les ex-soixante-huitards, mais aussi une grande partie de la population ne peuvent, en tant que groupe, en tant que classe d’âge, réagir, émotionnellement , face à des « circonstances exceptionnelles ». Les plus habiles et les moins moraux dealent, au niveau le plus bas, de la drogue dans les banlieues et, à un niveau supérieur de domesticité, des idées dans les salons, parlant et écrivant pour obtenir de l’argent et une réputation sociale. Ils sont ce qu’on appelait en Grèce des sophistes et aujourd’hui en France des plumitifs. L’humanité ne peut survivre qu’en se développant Pour redonner des yeux à notre politique, les si nécessaires « yeux du futur », Jacques Cheminade propose un espace de développement économique élargi, un changement de direction de l’économie qui ne peut être réalisé qu’à la dimension d’un Pont terrestre eurasiatique, de l’Atlantique à la mer de Chine. C’est renouer pour l ’Europe et l’Asie avec la politique de développement transcontinental qui permit le décollage des Etats-Unis aux XIXème et XXème siècles, en rassemblant pour la paix au XXIème siècle des moyens qui n’ont été réunis le plus souvent que pour la guerre au XXème siècle. Ce Pont terrestre eurasiatique, fondé sur le concept de « corridors de développement » amenant par des transports rapides des hommes, des idées, des matières premières et de l’énergie dans les régions les plus isolées, doit également constituer le support pour l’essor de l’Afrique et de l’Asie du Sud-Ouest.
Ainsi serait tracée une « piste de décollage » pour le monde vers la grande aventure de l’espace, aujourd’hui embourbée dans la banlieue de la terre par la priorité de la rentabilité à court terme. Comme l’a dit l’astronaute allemand Gerhard Thiele, « se restreindre à notre planète, c’est choisir de ne pas progresser. Or l’humanité ne peut survivre qu’en se développant. Si nous cessons de progresser, notre espèce s’éteindra ».
Pont terrestre eurasiatique, espace : ce sont les deux leviers pour assurer à chaque être humain une vie digne, des emplois qualifiés et une espérance de voir ses enfants et petits-enfants vivre une vie meilleure et plus exaltante.
Cependant, deux conditions sont nécessaires pour assurer cette justice sociale par le progrès mutuel : de l’énergie et des matières premières en quantité sans précédent. L’énergie, ce ne peut être aujourd’hui que le nucléaire, à la fois pour nourrir le développement sur terre et créer les moteurs qui nous permettront d’aller dans l’espace. Non pas le nucléaire comme possession d’une technique, mais comme dynamique sous contrôle citoyen. Ainsi pourra se constituer une économie de l’hydrogène, pour se substituer à celle qui brûle des combustibles fossiles, et créer un moyen de transformation de l’eau de mer en eau douce, qui sera rapidement nécessaire si l’on veut disposer de ressources suffisantes en eau potable et pour l’irrigation. Quant aux matières premières, il faut préparer dès aujourd’hui leur production par l’homme, en mobilisant tous les moyens possibles, en particulier la transmutation, et en faire non la possession de certaines puissances, mais le bien commun de l’humanité.
Pour mettre en oeuvre ce plan de sauvegarde et d’essor des êtres humains, pour lequel la France, en raison de son attachement historique à l’universel, doit prendre une forte part de responsabilité, il faut bien entendu réorienter l’argent vers la recherche, les grands travaux, la santé publique et l’éducation, renversant l’évolution désastreuse de ces trente dernières années.
L’Europe telle qu’elle est, avec sa Banque centrale (BCE) malthusienne, l’empêche ; nos institutions se sont elles-mêmes aveuglées. Changer la donne C’est pourquoi il faut changer l’Europe, sortir du système de Maastricht, d’Amsterdam, de Nice, de la BCE et du pacte de stabilité, et refonder un ordre de développement mutuel dans le cadre d’un nouveau Bretton Woods. La France doit se battre pour ce nouveau Bretton Woods, décision qui ne peut être prise que par les chefs d’Etats les plus importants du monde : réorienter l’argent vers des projets à l’avantage de l’homme, à long et moyen terme, en arrêtant les spéculations à court terme. Une mise en redressement judiciaire des intérêts spéculatifs et la suppression des hedge funds et des produits financiers dérivés doit être décidée de toute urgence pour tarir la monnaie de singe issue des banques et des sociétés d’assurance, avec la complicité de la BCE et de la Réserve fédérale américaine. Déjà, avec la hausse des taux d’intérêt au Japon, la fermeture de la pompe à finances la plus importante du monde est à l’horizon, avec des conséquences incalculables. Il faut assainir le système, mais par le haut ! Le nouveau Bretton Woods et le Pont terrestre eurasiatique doivent ainsi devenir les grands axes de notre politique étrangère, qui ne repose plus actuellement que sur de vagues et hypocrites références pseudo-humanistes.
A l’échelle de notre politique nationale, il faut nous donner les moyens de soutenir cette politique étrangère. C’est d’abord une vraie banque nationale, sous contrôle citoyen, retrouvant le pouvoir absolu d’émission de monnaie pour le bien commun et non pour le profit d’intérêts particuliers. C’est ensuite la création d’un ministère délégué au Plan et à l’Action économique, auprès du Premier ministre ou du Président de la République, doté comme le commissariat au Plan de l’après-guerre d’une équipe aguerrie et enthousiaste d’hommes (universitaires, entrepreneurs, chercheurs, travailleurs, syndicalistes et même banquiers) capables d’opérer une action transversale au sein des administrations pour décloisonner, motiver et bousculer les bonnes volontés. Cette force de travail et d’action économique proposerait, évaluerait et contrôlerait le budget d’équipement de la nation, à la fois dans sa part directement nationale et dans sa part européenne, en se fondant sur une monnaie nationale retrouvée, seul gage possible de souveraineté. L’euro est l’instrument d’une oligarchie financière, c’est pourquoi il faut revenir à un franc associé à des grands travaux citoyens, ce que Jacques Cheminade appelle « un franc polytechnique ».
Nous devons ainsi sortir de la société actuelle, celle du financier, de son subordonné comptable, des vedettes du sport et du show-bizz, pour reconstituer une société voyant long, celle de l’enseignant, du producteur, du chercheur, du pompier et de l’infirmière.
Jacques Cheminade a conclu son intervention en invitant son auditoire à imaginer cette société au nom de laquelle les jeunes de tous les pays se mobiliseraient, avec les forces vives des nations, pour « changer la donne ».
« Nous devons susciter en nous-mêmes les ressources d’un salut. Le défi est de retrouver ainsi notre part d’immortalité. Je suis sûr que « la liberté nous écoute » si nous nous portons à la frontière de nous-mêmes pour remettre l’humanité au centre et devant nous ».


