III - Une Europe de patries et des projets



















V - Physique nucléaire et création de ressources nouvelles

 


























 


























 

























LES INSTRUMENTS D’UNE NOUVELLE
POLITIQUE ECONOMIQUE FRANCAISE :
FRANC POLYTECHNIQUE ET PLANIFICATION INDICATIVE

 
 

1) UN FRANC POLYTECHNIQUE

A la Banque centrale européenne doit se substituer, comme nous l’avons vu, un système de banques nationales, ayant pour mission de servir l’intérêt général à long terme, par et pour les peuples. Ces banques nationales, sous contrôle citoyen, seront basées sur des monnaies nationales, car si un Etat perd, comme c’est le cas vis-à-vis de l’euro, sa souveraineté vis-à-vis de la monnaie, il perd toute sa souveraineté, non en faveur d’une banque indépendante, mais de la bureaucratie bancaire et financière de Bruxelles, elle-même relais du mondialisme financier.

Il faudra donc émettre un franc français et un mark allemand pour échapper à l’effet prédateur de l’euro, tous deux associés à ma politique de grands travaux européens. J’appelle ce franc français un « franc polytechnique  », par référence à la conception de l’économie physique des fondateurs de l’Ecole (Lazare Carnot, Gaspard Monge, Henri Grégoire) et pour montrer qu’il ne s’agit pas du retour à un passé financier national mais du nécessaire tremplin vers un avenir productif national et international.

Les monnaies des Etats membres auront un instrument commun de référence, un nouvel euro découplé des intérêts financiers et rattaché comme instrument commun pour les grands projets européens - et non comme substitut supra-national à des monnaies nationales.

2) SENS DU FRANC POLYTECHNIQUE

Le franc polytechnique, soutenu par une banque nationale audacieuse, est un levier pour faire de la France et de l’Europe un laboratoire du futur.

Il représente, de par son intention offensive dans l’ordre national et international, et de par son financement de grands projets redonnant les moyens financiers d’une action juste, le meilleur instrument pour défendre « par le haut » nos conquêtes sociales et politiques :

- Un rétablissement de nos services publics, sans confondre avec les « services d’intérêt général » (SIEG) établis à Bruxelles. Pour promouvoir ceux-ci, la Commission européenne a adopté, en juillet 2005, un train de mesures qui permettent en réalité aux sociétés privées de recevoir un financement public pour couvrir l’ensemble des coûts supportés, y compris un « profit raisonnable », pour la réalisation des missions de service public telles qu’elles ont été définies par les pouvoirs publics qui les leur ont confiées. Je dis « non ». L’on ne peut, par exemple, admettre le principe suivant lequel des communes devraient financer des écoles privées sous prétexte que la suppression ou l’aménagement de la carte scolaire - pour promouvoir une « libre concurrence entre établissements  » — ne leur laisse rien d’autre.

- Le retour à un monopole public de la Poste, la constitution d’un pôle financier public de l’énergie GDF-EDF, le retour à une définition de l’hôpital public comme centre de soins, de chirurgie, d’urgences et de formation, et non comme un établissement rentable à court terme.

- Le retour progressif à la Sécurité sociale, pour combler son « trou », des sommes que l’Etat lui doit au titre des exonérations de cotisations patronales dont il s’est défaussé sur elle.

- Le rétablissement des services de proximité et des mesures de protection sociale dont l’Union européenne a exigé la remise en cause.

- La nationalisation progressive des sociétés assurant le service de l’eau, afin de rétablir partout un système de régies municipales permettant d’abaisser les coûts pour le consommateur. Créer ainsi un service public de l’eau, du niveau local jusqu’au niveau européen et mondial.

- La mise en place d’un plan de rattrapage et de renouvellement du réseau ferré national, notamment en faveur des lignes transversales, mobilisant 15,3 milliards d’euros en dix ans, soit une rallonge de 5,5 milliards par rapport à la politique actuelle. C’est le prix de la sécurité et de la vitesse, c’est-à-dire de l’arrêt des ralentissements obligatoires.

- La mise au grand gabarit de certaines voies navigables pour le transport de marchandises, en particulier l’interconnexion du bassin Sud avec celui de l’Est et du Nord, ainsi qu’avec le Rhin (la « pâte d’oie »). Débloquons immédiatement les 3,52 milliards € pour le canal Seine-Nord Europe ;

- Des mesures d’urgence pour arrêter la fermeture d’usines et les licenciements, dans le cadre de la nouvelle politique d’investissement productif, pénaliser les délocalisations avant de les rendre sans objet dans mon système, sauver les exploitations agricoles et viticoles par une nouvelle politique agricole refondée sur un juste prix.

La mise en application de ces mesures, insérées dans les points saillants de mon projet, ne sera possible qu’en s’appuyant sur une vision à long terme, avec une planification indicative retrouvée et améliorée.

3) L’ARME DE LA PLANIFICATION INDICATIVE

La suppression du Commissariat du Plan et de la Mission interministérielle sur les mutations économiques (MIME) va à l’inverse des nécessités d’un Etat soucieux d’éclairer son avenir. Il s’agit d’une double soumission à une idéologie libérale : le Plan visait à élaborer un projet et à se donner les moyens de le mettre en oeuvre, la MIME réfléchissait au moyen de passer des emplois d’aujourd’hui à ceux de demain.

Elu, je redonnerai à l’Etat des yeux pour voir et des oreilles pour entendre en créant un ministre du Plan délégué soit auprès du ministre de l’Economie, soit préférablement auprès du Premier ministre, qui aura son mot à dire en Conseil.

Ce plan, comme les précédents, se fixerait des clignotants en cas d’écarts par rapport aux objectifs fixés en commun par l’accord entre forces vives de la nation. Il serait désormais débattu au sein du Sénat renouvelé que je conçois, et les écarts constatés ne conduiraient pas nécessairement à rétablir la trajectoire définie à l’avance, mais à réorienter l’économie vers des objectifs plus ambitieux apparus en cours de route. Indicatif et flexible, il fixerait les emplois qualifiés de l’avenir et prévoirait les moyens de les former et d’en organiser la répartition dans les entreprises intéressées.

Une des principales conséquences d’une administration du Plan forte serait de permettre un retour à l’aménagement du territoire et en particulier à l’accompagnement des territoires en détresse. Ainsi, le principe de péréquation, essentiel au même titre que le service public pour exprimer concrètement l’égalité entre citoyens, pourrait être rétabli, avec un effet intégrateur concret qui est la meilleure arme pour éviter les communautarismes.

Au niveau européen, le Pont terrestre eurasiatique et au niveau national, le plan de développement  : ces deux ambitions à long terme seront naturellement complémentaires en se fondant toutes deux sur l’essor des pouvoirs créateurs des êtres humains et la transformation volontaire de la nature, en rejetant le profit à court terme, le pillage financier et l’économiecasino.




















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