II - Pont terrestre eurasiatique et nouveau Bretton Woods :
les deux piliers d’un nouvel ordre économique et monétaire international



















IV - Les instruments d’une nouvelle politique économique française :
franc polytechnique et planification indicative

 


























 


























 

























Projet pour l'élection présidentielle de 2007

UNE EUROPE DES PATRIES ET DES PROJETS

 

L’Europe, en vue de ce dessein, doit changer d’institutions et de manière de penser.

1) L’Europe ne doit plus se faire par l’argent, autour d’un projet monétariste et marchand, mais par référence à de grands projets, à l’échelle de l’Eurasie et de l’Eurafrique, mobilisant les hommes et redonnant priorité au travail, à la production et aux infrastructures. L’Europe ne doit pas être le cheval de Troie de la mondialisation, mais la locomotive d’une reprise mondiale.

2) Les critères de Maastricht et du pacte de stabilité, combinaison de politiques monétaires et budgétaires restrictives et relais d’un système financier et monétaire international injuste, inefficace et destructeur, doivent être abandonnés. Il faut également faire sauter le verrou des doctrines de l’impuissance publique, de l’approche comptable et des statuts de la Banque centrale européenne (BCE).

Le grand public et vous-mêmes, lecteurs, ne savez sans doute pas que les Etats européens - la France ou n’importe quel autre - n’ont plus le droit de faire émettre des crédits à long terme et faible taux d’intérêt qui seraient remboursés par les paiements engendrés par la réalisation des projets. Un plan Marshall serait aujourd’hui interdit !

Quelle hypocrisie ! Il y a autant d’argent qu’on veut pour gonfler les bulles financières à la veille d’un krach, mais pas pour entreprendre une politique de développement physique, en faveur des peuples et des patries. C’est pourtant ce qu’il faut immédiatement faire.

3) Le verrou financier ayant sauté, l’on pourra en effet jeter les bases d’une politique de grands travaux.

Pour cela, il faut que l’Europe investisse annuellement l’équivalent de 1000 milliards d’euros dans des infrastructures allant de Lisbonne à Pékin, avec un programme de recherche commun démarrant sur la base de 200 milliards d’euros. Un financement de l’innovation par un emprunt de la Banque européenne d’investissements, de l’ordre de 150 milliards d’euros, doit venir s’ajouter à l’effort. Notre contribution, à nous autres Français, doit être de 200 milliards d’euros par an pour les infrastructures (ports, ponts, trains à grande vitesse, canaux, énergie) et de 30 milliards d’euros pour la recherche. C’est beaucoup ? Oui. Mais il y a aujourd’hui des sommes bien plus importantes gaspillées sur les marchés financiers, dans des opérations qui engendrent de l’argent sans créer de richesse.

  
Le train à lévitation magnétique
(Maglev) : indispensable outil
pour le développement
du Pont terrestre.
 

200 milliards d’euros pour les infrastructures et 30 milliards pour la recherche : l’emprunt et l’impôt ne peuvent y faire face. Il faut donc autre chose ; l’émission de crédit public productif, à terme de quinze à cinquante ans, et à faible taux d’intérêt, par une banque nationale, une véritable « Banque de la France  », associée à une véritable Bundesbank de l’Etat allemand. Seule la mise en place de banques nationales, associées à des monnaies nationales, permettra en effet à l’Europe de sortir de la prison monétaire où elle s’est enfermée. C’est ce qui est nécessaire pour rebâtir l’Europe en retrouvant la volonté politique qui nous manque depuis plus de trente ans. C’est ce qui est nécessaire pour mettre en place une politique de bien commun, exemplaire vis-à-vis du monde, que ni la droite ni la gauche n’ont été capables d’entreprendre en raison de leur soumission aux pouvoirs financiers du moment. C’est ce qui est nécessaire pour susciter la création de 5 à 6 millions d’emplois qualifiés sur moins de 5 ans. C’est ce qui est nécessaire pour que l’Europe soit une référence de paix dans le monde, car il ne peut y avoir de paix sans développement partagé.

Au moment même où les faucons américains, groupés autour du vice-président Cheney, menacent de bombarder l’Iran, cette politique européenne est le meilleur soutien que nous puissions fournir à ceux qui, aux Etats-Unis, s’efforcent de les écarter du pouvoir et de faire prévaloir, avec Lyndon LaRouche, le retour à une politique américaine libérée de ce qu’Eisenhower appelait en 1961 le « complexe militaro-industriel ».

4) L’espace, un engagement politique fondamental

Par delà les grands projets du Pont terrestre eurasiatique, qui peuvent être conçus comme une « piste de décollage », l’espace doit être la grande ambition de l’Europe. Une politique d’exploration et d’industrialisation spatiale est le nécessaire prolongement d’un grand dessein de développement économique mutuel sur terre.

Or aujourd’hui, les programmes européens vivent sur l’élan de décisions passées ; ils sont tronqués et sans ambition. Il faut être clair : un grand programme spatial, par définition à long terme, est impossible dans le système politique et culturel actuel, fondé sur les gains financiers à court terme, les jeux et les rapports de force. Sa réalisation implique nécessairement un changement de système, le passage à une société fondée sur l’investissement à long terme, l’esprit de découverte et le développement mutuel. C’est ce que je propose, dans la logique de mon projet politique d’ensemble, dont l’espace est à la foi levier et objectif.

Une politique spatiale, animée par cette ambition, ne doit pas se limiter à la banlieue Terre. Elle doit se fixer l’objectif bien plus ambitieux d’explorer et d’industrialiser le système solaire. L’économie correspondant à cet essor humain sera une économie isotopique : la différence entre les propriétés physiques des isotopes des éléments atomiques sera la base d’une physique nucléaire à venir, engendrant un ordre plus élevé de pratique humaine. Il s’agit de la possibilité de transmuter des éléments chimiques et de créer de nouveaux états de la matière, des matériaux synthétisés à partir d’isotopes ou de combinaisons d’isotopes, possédant des propriétés nouvelles se substituant aux matériaux plus primitifs aujourd’hui utilisés dans l’activité humaine.*

  * Densité de flux d’énergie :

Bien que la même unité de mesure soit utilisée pour des énergies d’origines différentes, une source d’énergie ayant une densité de flux supérieure à une autre permettra d’accomplir un travail que celle-ci ne permettrait pas. Par exemple, l’énergie du pétrole ne permet pas de lancer un véritable programme de conquête spatiale (mettre un homme sur Mars…), tandis que l’énergie du nucléaire qui a une densité de flux relativement supérieure le permet.

Transmutation, isotopes et torche à plasma

Au début du XXème siècle, la découverte de la transmutation et celle de l’isotope, par les pionniers de la physique nucléaire, ont été étroitement liées. Il s’avéra que l’émission d’un rayonnement radioactif à partir de l’Uranium s’accompagnait de l’apparition de nouveaux éléments chimiques comme le Thorium (des éléments chimiques différents occupent une place différente dans le tableau périodique de Mendeleïev). On compris alors qu’une partie de l’Uranium « se transformait » - transmutait - en Thorium. Cependant, ce processus ne s’arrêtait pas là et l’on vit que le Thorium pouvait à son tour transmuter en Uranium. Toutefois, ce nouvel Uranium, bien que doté des propriétés chimiques identiques à celles du précédent, avait des propriétés physiques différentes : ainsi, l’Uranium 235 émet un rayonnement plus intense que son isotope, l’Uranium 238. L’Uranium 235 est donc plus intéressant pour la production d’énergie par fission que l’Uranium 238 bien que disponible dans la nature en plus faible proportion. Aujourd’hui, les réacteurs nucléaires engendrent toute sortes de produits chimiques par transmutation. Une partie de ces produits ne sont actuellement qualifiés de « déchets » que parce que l’on ne connaît pas encore suffisamment le processus de transmutation pour le contrôler à volonté. Dans une phase ultérieure, la fusion thermonucléaire contrôlée permettra, dans la torche à plasma, de détruire nos déchets industriels et domestiques et de les re-transformer en matière première. En effet, au contact des plasmas à de millions de dégrées de chaleur, tous les produits sont décomposés dans leur éléments premiers et peuvent être reconstitués comme bon nous semble.

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Or pour maîtriser ces processus subatomiques nécessaires à l’économie isotopique terrestre (médecine, biologie, gestion de la biosphère, nouvelles industries…), nous devons connaître comment ces processus opèrent à l’échelle des espaces-temps solaires et galactiques, et mieux établir de quelle manière les atomes et les éléments ont été engendrés au cours de la préhistoire de notre système solaire.

Cela suppose que l’on aille y regarder de plus près : des réseaux d’observatoires astronomiques devront être mis en place dans l’espace, loin des perturbations de l’environnement terrestre, avec une infrastructure à grande échelle permettant d’approvisionner dans tous les domaines des travailleurs opérant dans ces stations, à une très grande distance de la Terre.

Science fiction ? Non, réflexion sur l’avenir sans laquelle une campagne présidentielle devient un marigot de mesurettes et de marottes.

A court et moyen terme, des initiatives doivent être prises rapidement pour rétablir notre engagement :

- multiplier par trois le budget de l’Agence spatiale européenne (ESA), très inférieur à celui de la NASA ;

- créer un Institut européen de recherches lunaires et spatiales en vue de coordonner les initiatives et d’en susciter de nouvelles ;

- construire un lanceur lourd allant au-delà d’Ariane V-ECA ;

- en orbite, installer des centres polytechniques de recherche, de formation et de production industrielle, puis des stations « têtes de pont » vers l’interplanétaire ;

- concevoir et construire un transporteur spatial de la troisième génération, totalement récupérable ;

- industrialiser la Lune, en exploitant en particulier ses réserves d’hélium 3 ;

- entamer l’exploration martienne, en préparant des voyages par propagation nucléaire, d’abord fission puis fusion, pour réduire la durée des trajets à dix-quinze jours ;

- financer plus sérieusement tous les projets de découverte d’exoplanètes telluriques et se donner plus rapidement les moyens de voir plus loin dans l’espace et dans le temps ;

- instituer dans nos lycées des unités de valeur sur l’espace et l’astronomie.

Ce choix de l’espace est l’expression la plus achevée de la volonté d’entreprendre un changement politique, en remettant à la barre des hommes et des femmes vivant de porter plus loin les limites de la vie.

Il est nécessaire, dans cette perspective, que les hommes politiques européens se mettent réellement à croire à l’Europe comme projet, non comme discours. Leur « coopération avancée » ne doit plus être livrée à des instances supranationales dans lesquelles les décisions sont prises sans aucune participation politique des citoyens. Il faut au contraire reconstruire les bases d’un débat dans les arènes nationales de formation des opinions et des volontés, en parlant de concret, de réel : des grands travaux en France même, entre la France et l’Italie, entre l’Europe et la Russie, entre l’Europe et l’Eurasie, entre l’Europe et l’espace méditerranéen, en discutant systématiquement des moyens de financement et en donnant à voir leurs étapes.

5) Une grande ambition culturelle

A ces grands travaux européens, eurasiatiques et eurafricains, catalyseur et creuset d’un développement mutuel, doit correspondre une grande ambition culturelle intra-européenne.

Aujourd’hui, on parle beaucoup de pondération des voix dans les instances européennes, du nombre des commissaires ou de tel ou tel règlement de sécurité ou de chasse, on se pavane et on expertise, alors que ce qui devrait être la base de l’Europe - les échanges entre jeunes étudiants, l’acquisition commune d’une culture - se trouve absolument négligé.

La réalité est que derrière ces synthèses plus ou moins opportunes, il n’y a pas de réflexion en profondeur sur les fondements de la culture européenne, donc pas de volonté politique. Et comment pourrait-ce être le cas, si la politique économique que pratique aujourd’hui l’Europe va à l’encontre des valeurs européennes ?

Tout se tient. C’est pourquoi la « coopération avancée » entre Etats européens, pour que l’Europe retrouve une politique économique digne d’elle-même, pourra seule être la locomotive d’une grande politique culturelle fondée sur le « patriotisme constitutionnel  » et le respect de la dignité de la création humaine aujourd’hui à l’abandon. Sans locomotive économique, pas de train des valeurs. Un signal fort doit être donné : tout jeune Européen doit pouvoir passer au moins six mois d’études supérieures dans un autre pays membre de l’Union. Cela suppose de financer au moins un million de programmes Erasmus et 200 000 programmes Leonardo, coordonnés avec les programmes d’aide à l’innovation de PME prenant l’engagement de recruter des diplômés ayant bénéficié d’Erasmus et de Leonardo.

Il faut partir des projets, de ce que l’on fait ensemble : grands travaux en commun, études en commun, lectures en commun, lien social établi autour d’idées discutées, partagées, et d’actes accomplis pour le bien commun. C’est ainsi que se sont formés les Etats-nations, et ce n’est pas autrement que pourra se constituer l’Europe.

Au fur et à mesure de la mise en oeuvre des projets, des délégations de souveraineté seront nécessaires. C’est à travers leur réalisation « physique », s’inscrivant dans le réel, que la nécessité d’une souveraineté correspondant à leur dimension pourra trouver accès dans l’esprit et le coeur des citoyens. Comme la souveraineté des individus s’associe dans les projets des Etats-nations souverains, dans le « bien commun » à un degré socialement plus élevé, les projets des Etatsnations s’associeront au sein de l’Europe locomotive, de l’Europe actrice, au fur et à mesure de l’action. Alors apparaîtra mieux la nécessité des harmonisations sociale et fiscale, inscrites dans un vouloir-vivre en commun long, et non, comme aujourd’hui, relevant de calculs comptables courts.

Alors, mais alors seulement, l’on pourra envisager une souveraineté nationale qui, en enrichissant et non en appauvrissant l’individu et l’Etat, circulera vers les institutions européennes - sans que régions et Europe puissent, comme aujourd’hui, être invoquées contre l’Etat-nation. Les Nations unies des peuples européens, avec un système de mandat représentatif respectant les institutions républicaines existantes, seront le produit éventuel de ce travail, non de remaniements institutionnels venus de bureaux d’experts plus ou moins autoproclamés.




















II - Pont terrestre eurasiatique et nouveau Bretton Woods :
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