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I - Mes références politiques
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III - Une Europe de patries et des projets
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PONT TERRESTRE EURASIATIQUE
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1) PONT TERRESTRE EURASIATIQUE
A fin de jeter les bases d’une reprise de l’économie physique, à l’échelle européenne et internationale, une dimension géographique inter-continentale est nécessaire : il s’agit de l’Eurasie. Ce que de Gaulle voulait accomplir « de l’Atlantique à l’Oural », il nous faut aujourd’hui l’entreprendre à une échelle élargie, de l’Atlantique à la mer de Chine.
Cette nouvelle route de la soie doit permettre de désenclaver les territoires compris entre l’Europe et la Chine, tout particulièrement la Sibérie et l’Asie centrale. Des « corridors de développement », essaimant des idées, des hommes, des matériaux, de l’énergie et des moyens de transport à grande vitesse créeront les conditions d’un développement intérieur dans l’intérêt mutuel. C’est l’avantage d’un transport terrestre sur un transport maritime : il engendre du développement tout au long de sa voie.
Aujourd’hui, l’Organisation de coopération de Shangai (OCS), qui réunit la Russie, la Chine, quatre pays d’Asie centrale, ainsi qu’à titre d’observateurs, l’Iran, l’Inde, le Pakistan et la Mongolie, constitue le partenaire naturel des pays d’Europe occidentale. Une politique de paix par le développement mutuel, s’étendant à partir de là à l’Asie du Sud-Ouest, aux pays riverains de la Méditerranée et à l’Afrique, doit être l’élément fondamental de notre politique étrangère.
Cependant, les grands projets économiques donnant un sens à cette politique ne peuvent être mis en oeuvre au sein du système monétaire et financier international actuel, dans lequel les taux de croissance des secteurs financier et monétaire sont devenus si élevés qu’ils bloquent toute tentative de reprise de l’économie physique. Pour le permettre, il faut à la fois un nouvel ordre économique et monétaire international - un nouveau Bretton Woods - et une nouvelle politique européenne, remettant en cause celle qui a été adoptée depuis l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun, en 1974.
2) UN NOUVEAU BRETTON WOODS
Le système financier et monétaire international actuel, celui du FMI et de la Réserve fédérale américaine (Fed), est un système de monnaie privée sous la coupe de l’oligarchie financière internationale. Un conglomérat mondial d’intérêts financiers, de banques et de compagnies d’assurance fait prévaloir ses spéculations contre tout investissement à long terme : ainsi, alors que la masse monétaire mondiale a été multipliée par quarante au cours de ces trente dernières années, la masse de biens et de services mondiaux n’a que quadruplé. Environ 500 000 milliards de créances financières de toute sorte constituent, dans le monde, dix fois plus que le total de la production mondiale de biens et de services.
passer du levier frauduleux du financier à court terme au levier vertueux du physique à long et moyen terme" | |
C’est dire que, physiquement, le système actuel est de fait en banqueroute. Sa désintégration est imminente.
Un nouveau Bretton Woods est donc nécessaire pour éviter le chaos et organiser une relance physique. Il consiste à rétablir la loi des Etats-nations sur les monnaies. Une dévaluation du dollar, elle, n’arrangerait rien pour personne car elle ruinerait tout le monde : les banques centrales des pays autres que les Etats-Unis ont accepté des dollars comme réserves monétaires dans de très fortes proportions (90 % dans le cas de la Banque centrale européenne).
La seule solution « physique », cohérente avec une politique de grands travaux à long terme, est donc de revenir à un monde de monnaies publiques, attachées à la production réelle de biens et à l’équipement à moyen et long terme des économies.
C’est ce nouveau Bretton Woods que devraient promouvoir la France et l’Europe, en accord avec l’intérêt réel de l’Etat-nation Etats-Unis et du peuple américain. Car eux aussi seraient victimes d’une dévaluation au sein du système existant, dont seule bénéficierait une oligarchie financière ayant auparavant pris le contrôle des actifs physiques mondiaux avec des dollars « pourris » (c’est ce qui se passe dans la phase actuelle).
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La démarche, dans une logique analogue à celle du plan Marshall de l’après-guerre, du Global New Deal que Roosevelt défendait avant sa mort, ou d’une économie au service de la cause de l’humanité exposée par le général de Gaulle en 1964 à l’université de Mexico, consiste à passer du levier frauduleux du financier à court terme au levier vertueux du physique à long et moyen terme.
C’est ce système de levier vertueux qui permettra de faire prévaloir à nouveau la priorité des infrastructures et du travail productif dans des marchés organisés, avec des monnaies soustraites aux fluctuations permanentes.
Les principes du nouveau Bretton Woods devront être les suivants :
stabilité des taux de change entre monnaies
se substituant aux taux de change
flottants actuels ;
mesures de contrôle des changes et
des mouvements de capitaux en tant que
de besoin ;
définition des différentes monnaies
par un instrument de référence commun,
qui pourrait être l’or ou un « panier » de
produits ;
pénalisation de l’usure et des instruments
financiers spéculatifs, interdiction
du recours aux produits financiers dérivés
autrement que comme éventuels mécanismes
d’assurance ;
mise en règlement judiciaire du système
existant : annulation des dettes illégitimes
(spéculations sur les produits financiers
dérivés, taux usuraires, dettes résultant de
manipulations des changes...) et moratoires
sur les dettes légitimes, à l’exception de
celles dont le remboursement suivant des
échéanciers établis est nécessaire au fonctionnement
des économies physiques ;
création des conditions nécessaires pour
que les Etats-Unis retrouvent
un système d’investissements
productifs et de
production nationale leur
permettant de rembourser
leurs dettes ;
émission, grâce au
soulagement provoqué
par l’annulation de certaines
dettes et du moratoire
organisé sur d’autres, de
crédits à long terme et
faibles taux d’intérêt pour
de grands travaux jetant les
bases de l’avenir.
Pont terrestre eurasiatique
et nouveau Bretton
Woods doivent ainsi être
les deux fondements de notre politique
étrangère. Nous devons en convaincre nos
partenaires européens pour sortir de l’ornière
financière et monétaire dans laquelle
nos gouvernements nous ont mis depuis plus
de trente ans. Il ne s’agit pas d’une mesure
technique, mais d’une stratégie politique,
qui fera face à l’opposition et au chantage
des grands intérêts financiers. C’est pourquoi
cette stratégie s’inscrit dans un projet
d’ensemble, qui vise à rassembler l’intérêt
des peuples contre ceux qui les oppriment.
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